Zimbabwe: manifestation pour une enquête sur la disparition d'un activiste

Sheffra Dzamara manifeste pour réclamer des informations sur la disparition de son mari, le 9 mars 2016.
© REUTERS/Philimon Bulawayo

Près d’une centaine de personnes ont défilé mercredi 9 mars dans les rues d’Harare, la capitale du Zimbabwe. Elles demandaient des nouvelles d’Itai Dzamara, activiste disparu il y a exactement un an. La dernière fois que Dzamara a été vu, c’était le 9 mars 2015, juste avant d’être interpellé par des hommes, non identifiés. Parmi les manifestants de mercredi, se trouvait Morgan Tsvangirai, leader du principal parti d’opposition, le MDC-T.

Un an plus tard et toujours aucune information. Face à la pression internationale, le gouvernement avait promis d’ouvrir d’une enquête sur la disparition d’Itai Dzamara. Mais depuis, rien.

Selon Okay Machisa, président de l’Association zimbabwéenne des droits de l’homme qui a défilé mercredi, il n’y a ni intérêt ni volonté politique à enquêter. Machisa s’inquiète que les enlèvements politiques et que les disparitions continuent, alors que le pays n’est même pas en période électorale.

Les dernières informations disponibles sur Dzamara proviennent de témoins, qui ont vu cinq hommes non identifiés l’emmener de force dans une voiture. Ses proches et différentes organisations des droits de l’homme craignent qu’il n’ait été enlevé par des agents de renseignements de l'Etat.

Dzamara était connu pour avoir manifesté à plusieurs reprises sur la principale place de la capitale pour demander la démission du président Mugabe.

Mercredi, plusieurs chancelleries ont exprimé leur inquiétude. La délégation de l’Union européenne à Harare s’est dite très déçue par le manque de progrès dans cette affaire. Et l’ambassade des Etats-Unis a appelé le gouvernement à s’assurer que le droit de ses citoyens ainsi que la liberté d’expression soient respectés.

On nous dit que notre police est l'une des plus efficaces de toute l'Afrique. Qu'elle n'ait pas trouvé la moindre piste depuis un an, nous semble franchement curieux. Beaucoup de questions restent sans réponse, tellement que cela nous conforte dans notre analyse, c'est-à-dire que le parti au pouvoir et les forces de sécurité sont derrière tout ça.
Patson Dzamara
09-03-2016 - Par RFI