Burkina: l’opposition critique le pouvoir lors de sa rentrée politique

Le candidat à la présidentielle, Zéphirin Diabré, durant son vote, le 29 novembre 2015.
© REUTERS/Joe Penney

Au Burkina Faso, le chef de file de l’opposition a fait sa rentrée politique. Arrivé deuxième à la présidentielle de novembre 2015, Zéphirin Diabré, dont le parti est la deuxième force politique du pays, a animé une conférence de presse avec d’autres partis de l’opposition pour expliquer le rôle qu’il entend jouer face au parti au pouvoir.

Pour sa rentrée politique, le chef de file de l’opposition au Burkina Faso s’est entouré des responsables des partis qui constituaient l’ex-majorité au pouvoir sous Blaise Compaoré, c’est à dire le CDP et l’ADF RDA. Zéphirin Diabré annonce déjà que leur ambition est de contribuer à réaliser l’alternance démocratique.

« Si nous estimons que quelqu’un qui est arrivé au pouvoir n’apporte pas quelque chose de différent par rapport à ceux que nous avions critiqués, pourquoi voulez-vous qu’on se mette avec eux ? s’interroge Diabré. Nous allons apprécier les actions et les actes posés par ceux qui sont au pouvoir. Il y aura toujours des erreurs de leur part, des manquements, et ce sera notre rôle de les signaler auprès de l’opinion. Et je dis que chaque jour, les graines qui sont semées par eux vont dans ce sens-là. »

L’apprentissage dans l’opposition a déjà commencé pour Achille Tapsoba, président par intérim du Congrès pour la démocratie et le progrès, l’ex-parti au pouvoir. « Nous avons eu la chance d’être très bien critiqués jusqu’à notre départ du pouvoir. Nous avons la chance aujourd’hui d’être dans l’opposition. Nous allons nous mettre à l’apprentissage de ceux qui critiquent et non de ceux qui sont critiqués. Et j’avoue que, je trouve déjà un peu de plaisir à ça. »

Zephirin Diabré souligne que « l’opposition politique ne se taira pas pour ce qui est des questions relatives à la vie du pays ».