Le procureur général du Burundi dément l'existence de fosses communes

Une fosse commune présumée située en lisière de forêt, non loin du cimetière de Mpanda où des témoins disent avoir vu quinze corps de militaires et de civils enterrés par des policiers, dans la foulée des attaques du 11 décembre.
© RFI/Sonia Rolley

Deux jours après le départ des experts mandatés par l’ONU pour enquêter sur les violations des droits de l’homme, la justice burundaise a présenté les conclusions de sa propre enquête. Amnesty International suspectait l’existence d’au moins six charniers, l’ONU parlait de neuf. Il n’en existe aucun, selon le procureur général du Burundi. Au cours d’une conférence de presse ce jeudi, il a cependant annoncé que certaines morts ne sont pas encore élucidées.

Trois mois après les faits, la Commission ad hoc chargée d’enquêter sur les attaques des camps militaires du 11 décembre a rendu ses conclusions. La seule fosse commune existante au Burundi, est celle présentée il y a dix jours par les autorités, assure le procureur général. « Après enquête, aucune fosse commune n'a été découverte dans aucun des endroits cités dans les rapports de certaines ONG », a-t-il déclaré ce jeudi.

Pour la répression sanglante qui a suivi ces attaques, le bilan officiel reste de 79 tués, tous des combattants en armes et en uniforme. Mais la FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l'homme) en compte le double, dont une grande partie de civils. Cinquante-huit corps non identifiés ont été enterrés à Kanyosha et Mpanda. Les autres ont été rendus à leurs familles, a précisé le procureur.

Un point reste cependant non élucidé : la mort de 7 prisonniers. « Aucun cas de torture n'a été signalé, rapporte le procureur burundais. Cependant, les 7 combattants capturés à Mujejuru ont été retrouvés morts dans des circonstances non encore élucidées. » Pourrait-il s’agir d’exécutions extrajudiciaires ? Le terme n’a pas été prononcé, mais un dossier a été ouvert contre un officier de police et un major de l’armée.