Congo-Brazzaville: l'opposition a créé sa propre commission électorale

Liste des votants dans un bureau de vote de Brazzaville lors du référendum constitutionnel au Congo, le 25 octobre 2015.
© REUTERS/Roch Bouka

Les cinq candidats de l'IDC-FROCAD, la principale plateforme d'opposition à Denis Sassou-Nguesso, ont lancé le mercredi 9 mars, leur propre commission électorale. Son nom : Commission technique électorale (CTE). Cette structure est parallèle à la CNEI (Commission nationale des élections officielle) créée par décret présidentiel en février dernier et qu'ils refusent de reconnaître. La cause : ils estiment qu'elle est à la solde du pouvoir.

L’opposition congolaise veut mettre en place, en quelque sorte, une commission électorale bis. Objectif : être présent dans tous les bureaux de vote du pays le jour du scrutin pour compiler l'ensemble des procès-verbaux et annoncer leurs propres résultats.

« La commission va travailler directement avec les représentants des cinq candidats présents dans les bureaux de vote en ne s’appuyant que sur les fiches des résultats des bureaux de vote dûment établis, signés et affichés après le dépouillement », a expliqué Charles Bowao.

Le coordinateur de l’IDC-FROCAD a ajouté : « A partir de là, nous aurons des résultats en direct et nous pourrons dire qui a gagné l’élection. »

« Démarche insurrectionnelle »

Même si les délais sont courts, Charles Bowao est optimiste. Il promet que d'ici lundi l'équipe de la CTE aura pu recruter des représentants pour les 5 300 bureaux de vote du pays.

« Sur la base de quel texte de loi, l’opposition peut proclamer les résultats ? », s’est interrogé Thierry Moungalla. Le porte-parole du gouvernement a poursuivi : « Sauf si on me démontre que monsieur Bowao est entre-temps devenu président de la République, et qu’il a le droit de créer une commission électorale et d’en nommer les membres, je ne vois pas quelle est la légalité de la commission technique comme ils l’ont appelée, si ce n’est s’engager dans une démarche insurrectionnelle. »

Le porte-parole est formel : seule la CNEI sera habilitée à collecter et proclamer les résultats de l'élection présidentielle, conformément à la loi.