Gabon: les frondeurs exclus du PDG lancent leur formation politique

Le président du Gabon, Ali Bongo à Libreville.
© REUTERS/Emma Farge

Au Gabon, il y a des dissensions au sein du PDG, le parti présidentiel. Mercredi, le président Ali Bongo a exclu de sa formation trois députés frondeurs : Alexandre Barro-Chambrier, Michel Menga et Jonathan Ignoumba. Tous les trois animaient un courant contestataire au sein du parti au pouvoir baptisé « Héritage et modernité ». Au cours d’une conférence de presse ce jeudi à Libreville, ils ont décidé de fonder une nouvelle structure politique.

PDG - Héritage et modernité, c’est le nom du nouveau mouvement fondé par les frondeurs exclus mercredi du camp présidentiel. Présenté comme « une aile du PDG », il présentera son propre candidat à l’élection présidentielle. L’annonce a été faite au cours d’une conférence de presse tenue dans une propriété du père d’Alexandre Barro-Chambrier, l’un des trois frondeurs exclus du PDG, le parti démocratique gabonais. Député du quatrième arrondissement de Libreville, l’homme a prononcé un discours aux allures d’investiture.

« Héritage et modernité » était un courant du PDG dissout en 2015, mais dont les membres continueraient à dénoncer les dysfonctionnements internes au parti ainsi que la « mauvaise gestion du pays ». Ce mercredi, le PDG avait donc décidé de resserrer les rangs en excluant les trois députés tout en rappelant qu’il n’y a qu’un seul courant au sein du parti « la discipline est l’apanage du bon militant » indiquait le communiqué.

En vue bien sûr la présidentielle, prévue au second semestre 2016. Mais surtout, le congrès du PDG qui doit se tenir samedi prochain et qui devrait entériner la candidature d’Ali Bongo pour un second mandat à la tête du pays.

Ce dernier a toutefois pris un peu d’avance en annonçant publiquement sa candidature, il y a dix jours. Ce qui n’a pas plu à tout le monde au sein du PDG. Héritage et modernité estimait notamment qu’il revenait au parti de désigner son candidat.