Election des gouverneurs en RDC: la liste des candidats dévoilée par la Céni

Un agent de la Céni, à Kinshasa, lors de l'élection présidentielle de 2011.
© AFP PHOTO/ GWENN DUBOURTHOUMIEU

En République démocratique du Congo, la Commission électorale nationale indépendante (Céni) a publié ce vendredi 11 mars la liste définitive des candidats à l’élection des gouverneurs et vice-gouverneurs qui se tient le 26 mars prochain dans les 21 nouvelles provinces que compte le pays. Une élection un peu particulière puisque les gouverneurs élus viendront remplacer des commissaires spéciaux nommés par le président à cause de l’absence des élections des députés provinciaux et que leur mandat ne durera que jusqu’à l’organisation des dites élections. Un scrutin déjà très controversé puisque l’opposition accuse la Céni et les cours d’appel du pays qui ont tranché les contentieux électoraux d’avoir favorisé la majorité présidentielle. Ce qu'il faut retenir de cette liste.

A l’origine, il y avait 135 candidatures, 66 ont été retirées, 21 invalidées par la Commission électorale et 10 de plus par les cours d’appel du pays – censées trancher le contentieux électoral. Au final, il ne se reste donc que 66 candidats pour 21 provinces. Dans trois d’entre elles : Kasaï central, Lomami, Sankuru, les candidats – gouverneurs et vice-gouverneurs – sont de facto élus, faute d’adversaires politiques.

Ce processus d’établissement de la liste des candidats a fait l’objet d’une vive contestation. D’abord quant à l’organisation de l'élection en elle-même. Pour une partie de l’opposition et de la société civile, c’est une perte de temps et la commission électorale aurait mieux fait de se concentrer sur la présidentielle, alors que la fin des délais constitutionnels approche à grands pas.

D’où une très faible variété dans les candidatures. En dehors de la majorité, cinq autres partis ont aligné des candidats, le MLC (Mouvement de libération du Congo - opposition) de Jean-Pierre Bemba en tête avec des candidatures dans 4 provinces. Le MLC qui, comme d’autres partis d’opposition, dénonce un deux poids, deux mesures dans les décisions de la Céni comme des cours d’appel dans la validation ou l’invalidation de certaines candidatures. Et notamment en Equateur, où deux députés MLC se sont présentés comme indépendants, selon le parti, quand dans la même configuration dans d’autres provinces, les députés de la majorité ont été empêchés de le faire.

Contestation

Pour le reste, cette compétition électorale opposera surtout des candidats de la majorité, pour la plupart les commissaires spéciaux en place – candidats dans 18 provinces dont 17 sous les couleurs de la majorité – ou leurs adjoints, à des candidats indépendants.

Cela fait bondir l’opposition qui estime que ces commissaires seront juges et partis, considérant qu’il ne s’agit ni plus ni moins que de fonctionnaires et que selon la loi, les fonctionnaires doivent démissionner ou se mettre en disponibilité pour se porter candidat. Mais pour la Commission électorale, il s’agit avant tout de postes politiques et ces personnalités n’ont pas de grades dans la fonction publique.

→ A (re)lire : RDC: l’organisation des élections fait toujours débat

Dans plusieurs provinces, ils ont déjà pris des arrêtés pour empêcher tout rassemblement. Mais les protestations ne viennent pas que de l’opposition, puisqu’en dépit des choix de la majorité, des candidats issus de ce groupement politique avaient voulu se présenter comme indépendants. Des candidatures qui ont été invalidées sur demande de la majorité.

Pour la majorité présidentielle, les critiques de l’opposition ne sont pas fondées. « On ne peut pas être toujours gagnant, il faut l’accepter, la loi c’est la loi », a dit son porte-parole, André-Alain Atundu.