Nigeria: la compagnie nationale pétrolière ne licenciera pas, promet le ministre

Le ministre du Pétrole nigérian Emmanuel Ibe Kachiwku à Abuja, le 12 février 2016.
© REUTERS/Afolabi Sotunde

Au Nigeria, les travailleurs de la compagnie nationale pétrolière (NNPC) ont repris leur service hier, après 24 heures de grève. Près de 7000 employés avaient cessé le travail à l'appel de l'Union nationale des travailleurs du gaz et du pétrole (Nupeng) et de l'Association nigériane du pétrole et du gaz naturel (Pengassan) pour protester contre des menaces de licenciements à l'occasion d'une restructuration de l'entreprise.

Les syndicats ont obtenu de la direction qu'il n'y aurait aucun licenciement lors de la restructuration de l'entreprise. Le directeur de la NNPC, qui est aussi le ministre du Pétrole, Emmanuel Ibe Kachikwu, a annoncé la semaine dernière que la compagnie nationale pétrolière serait scindée en trente entités différentes.

Les activités d'exploration, de production, de raffinerie, de marketing et tant d'autres disposeront désormais chacune d'une société à part entière. A la tête de ces entreprises se trouvera un responsable qui devra rendre des comptes. C'est en tout cas, le projet mis en avant par le ministre du Pétrole à qui le président Buhari a transmis la lourde tâche d'assainir la compagnie nationale pétrolière.

La NNPC a été mise en cause dans plusieurs scandales de corruption. Le plus récent remonte à l'été 2015 quand le gouvernement a lancé une enquête sur la disparition de près de vingt milliards de dollars provenant des ventes de brut de la compagnie.

Aujourd'hui, avec la chute des cours du pétrole et un baril en dessous des 40 dollars, chaque sou compte pour le Nigeria qui tire 70% de ses revenus de l'or noir. La NNPC est une véritable usine à gaz et en la divisant en trente entités, l'objectif est non seulement de faciliter la transparence, mais surtout de retrouver le chemin de la rentabilité. Rien que pour l'année 2015, la compagnie a enregistré près d'un milliard et demi de dollars de pertes.