Soudan du Sud: l’ONU décrit une situation «horrible» pour les droits de l’homme

Combattants rebelles sud-soudanais dans l'Etat de Jonglei, le 1er février 2014.
© REUTERS/Goran Tomasevic

C’est un rapport effrayant que publie le Haut Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU sur la guerre au Soudan du Sud, ce conflit sanglant qui dure depuis décembre 2013. Le Haut Commissariat parle d'une des situations parmi les plus « horribles » du monde pour les droits de l'homme. Les deux camps sont pointés du doigt, mais c'est la partie gouvernementale qui porte la plus grande responsabilité, avec notamment l'utilisation massive du viol comme salaire pour les combattants. Depuis plus de deux ans, l'ONU n'arrive même pas à compter le nombre de morts, de victimes.

Le plus jeune Etat du monde ressemble de plus en plus à l’enfer. Malgré la signature d’un accord de paix en 2015, les combats et violations massives des droits de l’homme se poursuivent et ce sont les acteurs pro-étatiques qui portent la plus grande responsabilité. Cela s’explique en partie par l’affaiblissement de l’opposition, mais aussi par la volonté gouvernementale de reprendre les territoires et de punir les civils.

Cécille Pouilly, la porte-parole du Haut-commissariat aux droits de l’homme, dénonce ce qu’elle appelle une véritable politique de la terre brûlée : « On assiste à des assassinats, y compris d’enfants, de personnes handicapées qui ont été brûlées vives, asphyxiées dans des conteneurs, tuées par balle, pendues à des arbres, découpées en morceaux. Donc la litanie d’atrocités n’a pas de fin au Soudan du Sud malheureusement ».

Des exactions dénoncées également par l’ONG Amnesty International qui parle de crimes de guerre et mentionne cet épisode d’octobre dernier quand les soldats du gouvernement ont enfermé 60 hommes et enfants dans un conteneur en plein soleil. Ils sont morts d’asphyxie, les mains attachées.

Les femmes premières victimes

Ce sont le plus souvent des civils qui sont pris pour cible, et parmi eux les femmes paient le plus lourd tribut : « Les groupes alliés au gouvernement sont autorisés à violer les femmes en guise de salaire. Dans certains cas, les femmes qui ont essayé de résister à leurs violeurs ou les ont même simplement regardés dans les yeux ont été tuées. C’est véritablement dans ce contexte une utilisation massive du viol comme instrument de terreur et comme arme de guerre », estime Cécille Pouilly.

Ces femmes sont dans un état perpétuel d’insécurité. Les viols sont souvent collectifs et les conséquences dramatiques en termes de santé et de stigmatisation.

Pour mettre un terme à ces horreurs l’ONU lance un appel : il faut faire respecter l’accord de paix, établir un gouvernement de transition, instaurer un embargo intégral sur les armes et mettre fin à l’impunité par la mise en place d’un tribunal hybride ou la saisie de la Cour pénale internationale (CPI).

Mais surtout, il faut pour l’ONU éviter que le pays ne sombre dans l’oubli. Le sort des dizaines de milliers de civils ne peut être passé sous silence, conclut le rapport.