Les autorités burundaises affirment avoir arrêté un «espion» rwandais

L'homme suspecté d'être un militaire rwandais aurait été arrêté lundi 7 mars sur la colline de Rushenya, dans le nord-est du Burundi, à la frontière avec le Rwanda. Ici, à Bujumbura, 3 février 2016 (Photo d'illustration)
© REUTERS/Jean Pierre Aime Harerimama

Au Burundi, la police dit avoir arrêté un « espion » rwandais. Les services de sécurité burundais l'ont exhibé devant la presse ce samedi après-midi. L'homme aurait été arrêté lundi 7 mars sur la colline de Rushenya, dans le nord-est du Burundi, à la frontière avec le Rwanda. Les forces de sécurité burundaises affirment que l'homme qu'elles ont arrêté est un militaire rwandais envoyé pour déstabiliser le pays.

L'homme en survêtement rouge et polo blanc est présenté dans l'enceinte du Service national de renseignement du Burundi (SNR), sans menottes et sans signe apparent de sévices. Devant la presse, le porte-parole de la police décline son identité, son numéro de matricule militaire, et assure qu'il s'agit d'un espion rwandais.

L'objectif de sa venue dans le pays, selon les forces de sécurité, était de demander l'aide de religieuses de la province de Muyinga pour cacher 200 combattants, qui devaient mener des attaques dans le pays. L'homme a finalement été arrêté par la police.

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Agé d'une trentaine d'années, le militaire rwandais présumé n'en était apparemment pas à sa première infiltration au Burundi. Toujours selon la police, il serait venu à deux reprises en 2015. Une première fois pour tenter d'exfiltrer des putschistes après la tentative ratée de coup d'Etat en mai 2015. Une deuxième fois pour recueillir des informations dans le but de commettre « des attentats contre de hautes personnalités burundaises ».

Ce samedi, alors qu'il était exhibé dans la cour du SNR, un service de renseignements régulièrement accusé de tortures et d'exécutions extrajudiciaires, l'homme a lui-même reconnu être entré au Burundi pour une mission d'espionnage.

C'était sa troisième mission au Burundi qui visait à la déstabilisation du pays.
Pierre Nkurikiye, porte-parole de la police burundaise
12-03-2016 - Par RFI

Depuis le début de la crise politique dans le pays, les relations sont au plus mal entre le Burundi et le Rwanda. Les autorités burundaises accusent leur voisin du Nord d'entraîner sur son sol des réfugiés burundais pour perturber le régime. Des accusations rejetées pas Kigali.

Les autorités rwandaises n'ont pour l'instant pas réagi à cette annonce mais plus tôt dans la journée, le président rwandais Paul Kagame a une nouvelle fois rejeté toute accusation d'ingérence chez son voisin, lors de la cérémonie d'ouverture d'une retraite gouvernementale dans l'est du pays.

« Est-ce que quelqu'un peut me dire comment ce problème du Burundi est devenu le problème du Rwanda ? », a interrogé le président rwandais. « Ces dirigeants burundais n'arrêtent pas de dire à tous ceux qui vont là-bas et qui sont supposés aider à régler le problème que "non, il n'y a pas de problème au Burundi, le problème c'est le Rwanda". Nous sommes ceux qui sont derrière le problème, selon eux. Et vous serez surpris de savoir que certaines personnes vont y croire ou prétendront y croire, et ce pour différentes raisons. Si l'on connaît la simple histoire de comment tout ceci a commencé [au Burundi ndlr], cela n'a rien à voir du tout avec le Rwanda. Mais le Rwanda ne deviendra jamais une victime, même si nous pouvons être persécutés, nous n'accepterons jamais d'être victimes ou persécutés. »