Casques bleus: l'ONU condamne les abus sexuels mais prend des mesures contestées

Casques bleus de l'ONU aux abords du quartier PK5 de Bangui, la capitale centrafricaine, lors de la visite du Pape François, le 10 novembre 2015.
© REUTERS/Siegfried Modola

Le Conseil de sécurité de l’ONU a voté pour la première fois de son histoire une résolution qui condamne les abus sexuels commis par les casques bleus. Le texte impose aussi une série de mesures punitives aux états-membres dont les soldats auraient commis de tels actes. Mais le texte, décidé unilatéralement par les Américains, a fait grincer des dents parmi les pays contributeurs de troupes.

Avec notre correspondante à New York,  Marie Bourreau

La condamnation des abus sexuels est unanime. Mais c’est sur les mesures à prendre que les avis divergent. Le texte voté aujourd’hui prévoit le rapatriement de contingents entiers de casques bleus qui se seraient rendu coupables d’abus sexuels et un retrait total des opérations de maintien de la paix si aucune mesure judiciaire n’est engagée contre les fautifs.

Une mesure injuste pour les Egyptiens qui considèrent que des contingents entiers payeront le prix pour quelques dizaines de brebis galeuses.

Si le texte a finalement été adopté a une large majorité à quatorze voix pour et une abstention, celle, de l’Egypte, il a surtout révélé les profondes divisions entre les pays occidentaux, qui financent très largement les opérations de maintien de la paix, mais fournissent peu de troupes, et les petits pays qui pourvoient au contraire la main d’œuvre des casques bleus.

Quelques diplomates ont regretté cette fracture nord-sud exposée au grand jour et se sont aussi inquiétés des conséquences à long terme : en rapatriant des contingents entiers, l’ONU risque de se retrouver rapidement à court d’hommes, son réservoir de casques bleus étant très limité.

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