Libye: l'ONU s'inquiète des multiples violations de l'embargo sur les armes

Point de contrôle routier à l'ouest de Syrte, en Libye, le 23 février 2016.
© REUTERS/Ismail Zitouny

La Libye, déjà entrepôt d'armes à ciel ouvert sous le régime de Mouammar Kadhafi, l'est plus que jamais aujourd'hui, d'après un rapport de l'ONU rendu public cette semaine. Un panel d'enquêteurs indépendants s'alarme des violations nombreuses et flagrantes de l'embargo sur les armes voté en 2011 par le Conseil de sécurité de l'ONU. Le danger, d'après les enquêteurs, serait de voir le conflit interne en Libye s'enliser et les jihadistes de l'organisation Etat islamique mettre la main sur cet arsenal.

Pour les Nations unies, l'embargo sur les armes en Libye a été violé un nombre incalculable de fois par une multitude d'acteurs depuis 2011. Dès la chute de Mouammar Kadhafi, les milices les plus importantes, Misrata et Zintane en tête recevaient de leurs Etats parrains respectifs, la Turquie, le Qatar, les Emirats arabes unis des provisions d'armes. Ces faits sont documentés, photos à l'appui, par les enquêteurs qui affirment qu'un réseau très complexe impliquant des sociétés privées étrangères est au coeur de ce trafic.

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Depuis 2014 et le début de la guerre civile entre les deux gouvernements rivaux de Tripoli et Tobrouk, on assiste à une prolifération inédite et les acteurs sur le terrain ne s'en cachent pas. Ainsi, les hommes du général Khalifa Haftar fidèle au gouvernement de Tobrouk avouent à l'ONU recevoir un soutien de la part de l'Egypte voisine. Le rapport de l'ONU prouve que le Caire est allé jusqu'à leur livrer des hélicoptères de combat.

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La raison invoquée est de chasser l'organisation Etat islamique. Les milices de Misrata, elles, pour bombarder des positions jihadistes, feraient appel à des pilotes étrangers. Toujours en violation de l'embargo, dont les deux gouvernements rivaux demandent la levée à leur profit respectif. Mais les enquêteurs de l'ONU très préoccupés recommandent plutôt de renforcer son application.