Ouganda: sept morts en deux jours dans des attaques contre l'armée et la police

Des officiers de police ougandais en poste devant la maison de l'opposant Kizza Besigye, le 22 février 2016, dans la banlieue de Kampala.
© Isaac Kasamani / AFP

Les tensions sont encore très vives en Ouganda, alors que le président Museveni a été réélu le 18 février à la tête de l’Etat. Depuis, les Ougandais votent aussi pour leurs députés, maires et conseillers locaux. Des élections générales qui avivent des tensions locales déjà présentent notamment dans l’ouest du pays, où 7 personnes ont été tuées en deux jours. Une première attaque a eu lieu contre des soldats dans la ville d’Hima, jeudi 10 mars. Deux assaillants ont été tués. Ce vendredi, une deuxième attaque a eu lieu, visant cette fois la police.

Les assaillants armés de bâtons, de machettes et de couteaux ont blessé une dizaine de policiers et de soldats. Cinq assaillants ont été tués. Le porte-parole de l’armée dans la région indique ne pas avoir d’estimation du nombre total des agresseurs. La ministre de l’Intérieur, Rose Akol Okullo, les décrit comme des hommes en proie au sectarisme.

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« Le gouvernement est au courant qu’une partie des assaillants présentent des tendances sectaires et sont donc une menace pour la communauté. Le gouvernement sait aussi que certains de ceux qui ont mené l’attaque font partie d’un groupe plus grand qui croit en la cause égoïste de faire sécession et former ce qu’on appelle la République d’Yira. »

Les élections locales en cause

Sur place, la situation semble plus complexe. Des problèmes de transparence durant les élections locales ont semble-t-il exacerbé les crispations dans cette zone déjà en proie aux tensions ethniques et foncières. Des tensions qui ne touchent pas uniquement cette région.

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Dans un communiqué publié vendredi soir, les Etats-Unis ont répété leurs inquiétudes sur la situation post électorale dans le pays dénonçant la violation continue des droits des citoyens et des médias. Depuis les élections, les forces de l’ordre sont restées déployées dans le pays notamment dans Kampala, et l’opposant Kizza Besigye est toujours retenu à son domicile.