Procès Gbagbo: Sam l’Africain conciliant envers Laurent Gbagbo a surpris la CPI

La salle d'audience lors du procès de Laurent Gbagbo à La Haye devant la CPI, le 28 janvier 2016.
© REUTERS/Peter Dejong/Pool

Après plus de deux semaines de suspension, le procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé a repris cette semaine. L'ex-président ivoirien et son bras droit sont poursuivis pour crimes contre l'humanité pour leur rôle présumé dans les violences post-électorales de 2010-2011. Depuis lundi, l'homme d'affaires libano-ivoirien et ancien soutien de l’ex-président, Sam Mohamed Jichi a témoigné devant la Cour Pénale Internationale à La Haye.

L’histoire est notable : celle d’un témoin à charge devenu un soutien décisif pour la défense au procès Gbagbo. Preuve en est, les propos de Sam l’Africain ont dérouté le substitut de la procureure pendant une semaine. « Laurent Gbagbo est un père pour moi » a d'abord déclaré Sam Mohamed Jichi, dont l’identité a été dévoilée par erreur au cours de la deuxième session d’audiences.

A l’origine, son témoignage devait permettre de consolider la thèse d'une planification au plus haut sommet de l'Etat de crimes contre l'opposition. Finalement, les propos de Sam l'Africain ont continué de semer la confusion à la CPI.

« Durant la crise, il y a eu des morts, mais cela n'a pas été planifié, c'était dans le désordre », insiste-t-il à la barre.

→ A (RE)LIRE : Procès Gbgabo: le mea culpa de la CPI sur l'affaire des témoins

Le substitut de la procureure, Eric Mac Douglas visiblement agacé, accuse alors Sam Mohamed Jichi d'avoir « perdu la mémoire » sur certaines de ses déclarations faites en 2011, à charges contre l'ancien président.

A la barre, l'ancien soutien de Laurent Gbagbo met aussi en cause la communauté internationale : « L’homme que je connais a toujours lutté pour la souveraineté totale de la Côte d’Ivoire et je pense c’est pour ça qu’aujourd’hui il se retrouve ici », explique-t-il.

A la fin de son audition, le témoin a insisté sur le rôle et l'influence de Simone Gbagbo pendant la crise, jugée grandissante au sein de la présidence. De telle manière, selon Sam l'Africain, que tout devait passer par elle.