Un rapport très critique sur la situation en RCA remis à l'ONU

Des soldats sénégalais de la Minusca patrouillent dans les rues de Bangui le 10 décembre 2015, deux jours après des affrontements sporadiques qui ont suivi l'annonce de l'éviction de l'ex-président Bozizé des élections en Centrafrique.
© AFP/MARCO LONGARI

La situation des droits de l'homme en Centrafrique est toujours extrêmement préoccupante, selon le constat d'une experte indépendante qui a remis son rapport aux Nations unies. En visite en Centrafrique durant une dizaine de jours, elle affirme que s'il y a eu des améliorations ces derniers mois, presque tout reste encore à faire.

Insécurité dans les provinces qui favorise la violence, prisons et centre de détentions illégales… Le constat dressé par Marie-Thérèse Keita-Docoum, experte sur la situation des droits de l'homme pour l'ONU, est plutôt alarmant.

« Le redéploiement de tous les magistrats et juges à l’intérieur du pays n’a pas vraiment fonctionné. Leur sécurité doit être renforcée dans ces endroits afin que les juges puissent aller donner librement cours à la justice », a expliqué Marie-Thérèse Keita-Docoum.

Autre motif d'inquiétude pour l'experte : la mise en place du processus de Désarmement Démobilisation Réinsertion (DDR). « Le DDR n’existe pas. Il y a seulement eu un pré-DDR, qui a réglé certaines considérations, mais qui n’a absolument pas réglé le problème de la circulation des armes », a-t-elle commenté.

Elle a conclu : « Je ne pense pas qu’on puisse parler de justice, de lutte contre l’impunité et même de développement économique. »

L'experte se veut quand même optimiste, en affirmant qu’il y a du progrès depuis sa dernière visite en septembre 2015. En même temps, difficile de faire pire : en septembre un pic de violence a fait près de 80 morts et 600 blessés. Depuis, il y a eu la visite du pape et l'élection présidentielle, deux tournants dans la crise centrafricaine.