Reportage à la frontière Sénégal-Gambie fermée pour les marchandises

La fermeture de la frontière entre les deux pays fait suite à une augmentation par le président gambien des taxes de passage. Ici, une affiche de campagne de Yahya Jammeh, à Banjul, capitale gambienne, le 22 novembre 2011.
© AFP PHOTO / SEYLLOU

Les relations entre le Sénégal et la Gambie ne sont pas au beau fixe. Raison principale de ce froid diplomatique : la fermeture des frontières entre les deux pays suite à la décision du président gambien Yahya Jammeh d'augmenter les taxes de passage. Depuis un mois, seuls les piétons peuvent traverser, aucune marchandise ne transite aux différents points de contrôles, notamment à celui de Keur Ayip. Reportage.

Avec notre envoyé spécial au poste frontière de Keur Ayip,  Guillaume Thibault

La fatigue, l'attente, le soleil ardent, la nourriture qui manque... C'est le quotidien de Modou Diaye, routier depuis 25 ans qui démarre son vieux camion pour ne pas qu'il s'encrasse. « Il faut qu'ils règlent le problème parce que c'est dur, ça fait 25 jours que l'on est là ».

Devant le poste frontière, l'ambiance est morose. A l'origine de cette fermeture, la décision de Yaya Jammeh d'augmenter très fortement le droit de passage pour les véhicules étrangers. « Le président Jammeh a dit que le camion qui passera doit payer 400 000 francs CFA, explique un jeune homme. C'est ce qui a amené le problème. Avant c'était 4000. »

En réaction, le Sénégal a décidé d'interdire le passage des voitures comme des camions. Et cette information n'est pas vraiment diffusée. Salimata, venue en voiture depuis Dakar avec ses deux enfants ne peut pas rejoindre la Gambie. « C'est fatigant, c'est très dur. On est fatigués, vraiment », se plaint-elle.

« Pour le Sénégal et la Gambie c'est la même chose »

Habituellement très animée, la frontière ne vit plus. L'activité est au ralenti, explique Mamadou, tenancier de maquis, et son voisin Lamine, couturier. « C'est triste. C'est pas bon. Pour le Sénégal et la Gambie c'est la même chose. »

Khalifa, monnayeur, n'a plus d'autre choix que de vivre à crédit, « parce que nous ne travaillons pas et que nous vivons. Nous sommes couverts de dettes actuellement », déplore-t-il.

Après un mois de blocage, Mbaye appelle les présidents Sall et Yammeh a trouver une solution. « Il faut qu'ils négocient. Il faut vraiment trouver un terrain d'entente quand même. C'est ce qui est le mieux pour nous. »