Quels sont les pays africains engagés dans le conflit au Yémen?

Des combattants pro-gouvernement yéménite célèbrent leur victoire dans le quartier de Bir Basha, à Taiz, dans le sud-ouest du pays, le 11 mars 2016.
© REUTERS/Anees Mahyoub

En Arabie saoudite, d'importantes manoeuvres militaires baptisées « Tonnerre du Nord » se sont terminées jeudi 10 mars, en présence notamment des présidents du Sénégal, du Tchad, du Soudan et de la Mauritanie. Ces chefs d'Etat africains étaient présents en raison de l'engagement de soldats de leur pays respectif dans la coalition élaborée l'année dernière par l'Arabie saoudite, rassemblant 34 pays musulmans « contre le terrorisme ».

Il s'agit d'une coalition destinée à mener la guerre au Yémen contre les rebelles houthis, soutenus par l'Iran. On sait que cette coalition dispose déjà des installations portuaires de Djibouti, de l'Erythrée et du Somaliland, face aux côtes yéménites, notamment pour le ravitaillement de sa flotte. Mais le détail des engagements militaires des autres pays africains dans la péninsule arabique est encore très vague.

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Sur leur engagement dans la guerre au Yémen, les armées africaines méritent bien le surnom de « grandes muettes », car à ce jour, seuls le Soudan et le Maroc reconnaissent avoir engagé des hommes sur le terrain. 850 soldats soudanais font du maintien de l'ordre dans les territoires contrôlés par le gouvernement yéménite. Le Maroc, de son côté, a engagé 6 chasseurs bombardiers F-16 dans les combats, et en a déjà perdu un, avec son pilote, l'année dernière, abattu par les rebelles.

Du côté du Sénégal, on reconnaît avoir promis 2 100 soldats, mais une source gouvernementale insiste pour dire qu'ils ne sont pas encore déployés. De même pour la Mauritanie, qui a mis 600 hommes à la disposition de la coalition. Au Tchad, les rumeurs vont bon train sur la taille d'une possible force militaire, mais le gouvernement, interrogé par RFI, répond qu'il n'a aucun commentaire à faire.

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Neuf autres pays africains font partie de la coalition. Des soldats africains sont d'ores et déjà présents dans la région dans le cadre des manoeuvres « Tonnerre du Nord » lancées en février par l'Arabie saoudite et qui se sont achevées ce jeudi en présence d'Idriss Déby, de Macky Sall, d'Omar El-Béchir et de Mohamed Ould Abdel Aziz. Mais pour l'instant, on ignore le détail des promesses faites aux Saoudiens, ainsi que les contreparties, sans doute financières selon un analyste, convenues avec Riyad.