RDC: une cour militaire sud-africaine pour juger des soldats de la Monusco

Mambasa, province de l’Ituri, RD Congo. Des policiers congolais en formation à la sécurisation des élections avec l’appui de la Monusco
© Photo MONUSCO/Anne Herrmann

Des soldats sud-africains de la Monusco sont accusés d'abus divers en République démocratique du Congo (RDC). Certains sont soupçonnés d'agressions sexuelles. Une cour militaire mobile, dépêchée par Pretoria, est actuellement en train de les auditionner dans la province du Nord-Kivu. Joint par RFI, Charles Bambara, porte-parole de la mission des Nations unies en RDC, appelle les autres pays membres de la Monusco à prendre exemple sur l'Afrique du Sud.

Trente-deux soldats sud-africains sont actuellement poursuivis. Ce n'est pas la première fois que le contingent sud-africain est accusé d'abus à l'étranger. Pretoria avait déjà jugé des militaires, pour des faits similaires, il y a quinze ans, au Burundi. Charles Bambara, porte-parole de la Monusco, cite en exemple la décision de l’Afrique du Sud.

« Les soldats incriminés ont été, dans un premier temps rapatriés, mais ils sont revenus là, en terre congolaise, pour participer à cette commission militaire. Nous pensons que cela va dans le bon sens. Le secrétaire général, Ban Ki-moon, lui-même, encourage le jugement in situ des militaires fautifs car, comme vous le savez, nous prônons une tolérance zéro », a-t-il déclaré à RFI.

« Les Sud-Africains ont donné le ton. Nous pensons que les autres contingents, et ils sont nombreux au sein de la Monusco, devraient pouvoir suivre cet exemple. Nous appelons donc l’ensemble des pays contributeurs de troupes au sein de la Monusco à emboîter ce pas dès que ce genre de situation se présente. Cela permet de rassurer les victimes, le pays membre, et cela permet aussi de rétablir une certaine confiance en disant qu’il y a une impunité zéro, en tout cas, pour tous ceux qui sont fautifs de ce genre d’abus ou de crimes de cette nature », a ajouté Charles Bambara, porte-parole de la Monusco.

Joint par RFI, le général Xolani Mabanga, porte-parole de l'armée sud-africaine, explique de son côté que son pays fait preuve de responsabilité.

« Nous avons la responsabilité de nous assurer que nos membres, où qu’ils soient déployés, se conduisent avec discipline. Nous avons eu des signalements et des indications de mauvaise conduite mais nous n’avons pas tous les détails pour le moment et nous ne connaissons pas la nature exacte des infractions présumées qu’ils ont commises. Certaines de ces accusations concerneraient des abus et des exploitations sexuelles. Nous ne pouvons pas exclure cette possibilité », a-t-il souligné.

« Les Nations unies pensent que chaque pays contributeur de la Monusco devrait prendre les mesures nécessaires contre ses propres soldats qui auraient enfreint les règles concernant le déploiement ou le comportement des casques bleus. Ces pays peuvent s’attaquer à ce problème soit en employant leurs propres règles en matière de discipline et de bonne conduite, soit en s’en remettant aux règles des Nations unies », a tenu à préciser le général Xolani Mabanga, porte-parole de l'armée sud-africaine.