RDC: des sympathisants de Christian Mwando dispersés à son arrivée à l'aéroport

Dans les rues de Kalemie, dans la province du Katanga, en RDC.
© MONUSCO/Thierry de Matteis

En RDC, nouveaux incidents à l'aéroport de Kalemie, à l'arrivée d'une délégation de l'opposition. Des militants de l'Unadef (Union nationale des démocrates fédéralistes) – membre du G7, les partis frondeurs passés à l'opposition – qui attendaient le député national Christian Mwando, candidat gouverneur de la nouvelle province du Tanganyika, ont été empêchés de l'accueillir.

Un groupe de militants de l'Unadef a été violemment pris à partie par des individus présents au moment de l'atterrissage de l'avion du député Christian Mwando. Selon des témoins joints par téléphone, une femme a été légèrement blessée.

Rapportant la scène, les mêmes témoins racontent que les forces de l'ordre se sont chargées d'évacuer le député Christian Mwando jusqu'à son domicile, en ville, à plus de 7 kilomètres de l'aéroport. Le député a été empêché d'aller à la rencontre de la foule de sympathisants massée devant sa résidence. Les autorités sur place reconnaissent avoir positionné des policiers sur les lieux.

C'est le deuxième incident en l'espace d'une semaine à l'aéroport de Kalemie. Dimanche 6 mars, sept personnes avaient été légèrement blessées à l'arrivée des députés du G7. Dans le Tanganyika, il n'y a que deux listes. Christian Mwando est en compétition avec le commissaire spécial et son adjoint.

Existe-t-il une milice anti-opposition ?

Des témoins dénoncent l'existence d'une milice privée et armée aux ordres du commissaire spécial adjoint. Une milice qui serait chargée de réprimer les droits politiques de l'opposition. Pour le chef du bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'Homme, le déploiement d'une telle milice est une nouvelle menace aux élections pacifiques et aux droits et libertés politiques. Rien que des spéculations, rétorque le commissaire spécial adjoint du Tanganyika.

« Nous sommes extrêmement préoccupés par ce second rapport en moins d'une semaine faisant état d'un usage de la force par une milice armée attribuée au commissaire spécial adjoint pour réprimer les droits politiques de l'opposition », a déclaré à RFI José Maria Aranaz. Pour le chef du bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme, « le déploiement d'une milice privée et armée est un pas qualitatif sérieux et une nouvelle menace aux élections pacifiques et aux droits et libertés politiques ».

Les élections des gouverneurs et vice-gouverneurs auront lieu le 26 mars dans les 21 nouvelles provinces de République démocratique du Congo.