Afrique du Sud: manifestation contre la libération de l’assassin de Chris Hani

Les membres de la famille de Chris Hani et des membres du Congrès national africain ( ANC) manifestent devant la Cour constitutionnelle pour protester contre la libération conditionnelle accordée à Janusz Walus, le14 mars 2016.
© JOHN WESSELS / AFP

En Afrique du Sud, le Congrès national africain (ANC), parti au pouvoir, en appelle à la plus Haute Cour du pays pour bloquer la libération de l’assassin du héros anti-apartheid, Chris Hani. Une centaine de manifestants ont protesté, lundi, devant la Cour constitutionnelle, à Johannesburg, pour demander l’annulation de cette décision. La femme de Chris Hani, assassiné chez lui en 1993, était parmi les manifestants. La semaine dernière, la justice a annoncé la libération de Janusz Walus, emprisonné depuis vingt-trois ans pour le meurtre de Chris Hani, ex-secrétaire général du Parti communiste.

Vingt-trois ans après, l’assassinat de Chris Hani reste un mystère. L’ANC et le Parti communiste, auquel appartenait Hani, refusent que l’assassin du héros national soit libéré, même sous condition. Pour Limpho Hani, sa veuve, l’assassin Jalusz Walus et son complice n’ont jamais exprimé de remords et, surtout, n’ont jamais expliqué leur geste.

« A l’époque, je leur ai même dit : si vous dites la vérité, je demanderai au gouvernement de vous relâcher. Ils m’ont répondu d’aller en enfer. Alors pourquoi est-ce qu’aujourd’hui je devrais me comporter comme une vieille veuve noire, ne rien faire et dire à ces hommes blancs : je vous pardonne ?! », a déclaré, à RFI, Limpho Hani.

Membre de l’aile dure du régime d’apartheid, Jalusz Walus a été condamné à mort puis, sa peine commuée en prison à vie. Pour de nombreux Sud-Africains noirs, comme Matota Mnisi, sa libération est tout simplement inacceptable.

« A cause de cet homme, notre démocratie a failli basculer. Si Nelson Mandela n’avait pas été là, une guerre civile aurait éclatée. De plus, on ne sait même pas pourquoi il a tué Chris Hani ; qui a commandité ce meurtre. Alors pourquoi est-ce qu’il serait libéré, alors qu’il n’a jamais montré de remords ? », s’est-il insurgé.

La vraie question, en effet, est là. S’agissait-il d’un acte isolé ou d’un meurtre commandité et par qui ? Vingt-trois ans plus tard, l’ANC veut des réponses.