Attaque de Grand-Bassam: quelles conséquences économiques pour la Côte d’Ivoire?

Plage vide à Grand-Bassam en Côte d'Ivoire avec l'attaque qui a visée cette station balnéaire, le 13 mars 2016.
© REUTERS/Luc Gnago

L’attaque de Grand-Bassam vient de frapper un pays dont la situation économique est enviable, surtout depuis la fin de la crise politicomilitaire. Quelles conséquences sur l’économie de la Côte d’Ivoire ces attentats pourraient avoir ?

Les conséquences économiques sont difficiles à mesuser. Dans l'immédiat, on peut s'attendre à une baisse de la fréquentation des 15 kilomètres de plages de Grand-Bassam. Avec donc moins de rentrées d’argent, par exemple pour les hôteliers de la station balnéaire, au moment où les températures élevées poussent les Abidjanais résidents, comme de passage, à aller chercher un peu de fraîcheur sur la côte. Mais plus largement, la crainte est que l'attentat ralentisse certains investissements en Côte d'Ivoire. La question étant donc de savoir si cela peut avoir une influence sur la situation macroéconomique d'un pays qui a enregistré une croissance annuelle comprise entre 8 et 9% depuis 2012 et dont les perspectives restent positives pour l’année en cours.

Après une décennie de crise politicomilitaire interne, la Côte d’Ivoire est redevenue aujourd’hui la locomotive économique des huit pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), dont elle représente 35% du produit intérieur brut cumulé. Le lieu des attentats en lui-même est peu représentatif de l’économie ivoirienne en général. Une économie dominée par le secteur agricole, qui représente 28% du PIB. Premier producteur mondial du cacao, la Côte d’Ivoire représente 35% du marché des fèves. Le pays est aussi devenu l’année dernière le premier producteur mondial de noix de cajou.

Le secteur tertiaire représente 47% du PIB. Un segment dominé aujourd’hui par les opérateurs de téléphonie mobile et le secteur bancaire. Le secteur secondaire, comme le raffinage de pétrole, l’agro-alimentaire et le BTP, représente 25% du PIB. Seul bémol, le rythme du recul de la pauvreté est très lent, malgré la bonne santé macroéconomique de la Côte d’Ivoire.