Mali: un important chef touareg appelle à discuter avec les jihadistes maliens

Mohamed Ag Intalla est l'amenokal de Kidal.
© RFI / Claude Verlon

Afin de lutter contre la propagation du radicalisme religieux dans le Sahel, dans le nord du Mali, le chef touareg de l'importante tribu des Ifoghas a appelé dimanche 13 mars l'Etat malien à engager des négociations avec les jihadistes du pays, afin d'isoler les jihadistes étrangers.

L'amenokal, chef élu par les sages, Mohamed Ag Intalla, dont Kidal, dans le nord-est du Mali, est le fief, a appelé à « aller vite » dans la recherche d'une solution contre le jihadisme. Selon lui, les jihadistes maliens, qui au départ étaient minoritaires, sont aujourd'hui « les plus nombreux » de cette mouvance dans le pays.

« Il faut engager des discussions avec les jihadistes maliens. En retour, ils vont aider le Mali à se débarrasser des jihadistes venus d'ailleurs. C'est mieux ainsi », a déclaré M. Ag Intalla, par ailleurs député du parti au pouvoir à l'Assemblée nationale.

« Les Américains ont été obligés de parler discrètement avec les talibans (en Afghanistan), les Algériens ont discuté avec les islamistes. Nous, pour avoir la paix définitive, nous devons parler avec les jihadistes maliens, leur dire que ce qu'ils font n'a rien à voir avec l'islam », a-t-il ajouté.

« Ceux qui disent qu'il faut appliquer la charia, couper des mains, il faut qu'on leur prouve par la discussion qu'ils sont dépassés », a-t-il ajouté, dans une possible allusion au chef touareg du groupe jihadiste malien Ansar Dine, allié d'al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Iyad Ag Ghaly, qui appartient à la même tribu, où à ses partisans.

Le président Ibrahim Boubacar Keïta a exclu de négocier avec Iyad Ag Ghaly, mais au sein du gouvernement, certains responsables se disent ouverts à un dialogue avec les jihadistes qui n'auraient « pas de sang sur les mains ».