Burundi: nouvelles arrestations de militants d’opposition

Au Burundi, la répression contre l'opposition est toujours forte.
© REUTERS/Jean Pierre Aime Harerimama

Au Burundi, la répression contre l'opposition est toujours forte. La semaine dernière, l'opposant Hugo Haramategeko a disparu, mais les forces de police nient leur implication. Et ce week-end, seize membres du FNL, un autre parti d'opposition, ont été arrêtés pour réunion illégale.

La réunion se tenait dans la commune de Busoni, dans la province de Kirundo dans le nord du Burundi. Quinze hommes et une femme étaient présents, des militants du FNL, un parti d’opposition burundais non reconnu par le pouvoir.

Selon le porte-parole de la police, les habitants inquiets d'une présence inhabituelle dans une maison abandonnée ont alerté les forces de l’ordre. Mais la presse locale présente une version bien différente : la réunion avait lieu dans un bar et ce sont des membres des jeunesses du parti au pouvoir qui ont interpellé les militants.

Agathon Rwasa, le premier vice-président de l’Assemblée nationale burundaise et leader historique du FNL, déplore un énième rétrécissement de l’espace politique au Burundi : « Le droit de réunion est quand même consacré par la loi. Un bar, c’est un lieu public, après tout, on y entre quand on veut et on en sort quand on veut. Le pouvoir, la police, les renseignements cherchent toujours à ne pas permettre aux autres de pouvoir se réunir. Or, on ne peut pas faire de la politique si les gens n’ont pas le droit de se réunir. C’est pratiquement impossible ».

De telles réunions ne peuvent se faire sans autorisation, affirme le porte-parole de la police Pierre Nkurikiye. Il précise également que ce lundi soir, les 16 militants étaient toujours incarcérés.

La semaine dernière, c’est le leader du parti d’opposition Nadebu qui disparaissait dans des circonstances non encore élucidées. Il a été arrêté par des armes en uniforme de police, mais les forces de l’ordre nient toute implication.