Mali: Menaces de mort contre l’écrivain Ousmane Diarra

Détail de la couverture du livre d’Ousmane Diarra : «La route des clameurs», publié dans la Collection Continents Noirs, Gallimard, 2014.
© Gallimard

Il ne vit pas caché, mais il fait attention à ses pas. Ousmane Diarra, écrivain malien, auteur de plusieurs ouvrages, affirme recevoir des menaces de mort, à cause de ses réflexions, ses prises de positions sur l'islamisme dans son pays.

Avec notre correspondant à Bamako,

55 ans, plutôt grand de taille, l’écrivain malien Ousmane Diarra parle avec force. A cause, dit-il, de ses prises de position contre ce qu’il appelle l’expansion de l’islamisme violent au Mali, il reçoit des menaces de mort par téléphone par personnes interposées ou dans la rue. Mais pour lui, pas question d’avoir peur : « Je n’ai pas le droit d’avoir peur de dire ce que je pense de mon pays, ni sur l’islam qui actuellement régente mon pays, l’islam politisé. Je suis menacé, mais je continuerai à me battre ! »

« Les politiques ont démissionné »

Face au débat sur l’islam, l’islamisme, il accuse carrément des hommes politiques maliens d’avoir démissionné. « Les politiques ont démissionné, ils ont peur, affirme Ousmane Diarra. Et d'ajouter : Ils ont laissé l’islam se politiser et s’en servent. Et ça, c’est un grand danger ! »

Et quand on fait observer à l’auteur de Pagne de femme ou encore de Vieux lézard, que pour d’autres le Mali est un pays où c’est un islam tolérant qui est pratiqué par plus de 90 % de la population, il répond : « Oui, mais 90 % de musulmans ça ne veut pas dire la non-laïcité. Ça veut dire le respect de ceux qui ne sont pas musulmans. Ma première religion, c’est mon pays ! »

La laïcité, rien que la laïcité au Mali, conclut-il.