Ségolène Royal en RDC pour défendre la forêt équatoriale

Ségolène Royal lors d'un point de presse à la résidence de l'ambassadeur de France après sa rencontre avec le ministre congolais du tourisme, le 14 mars 2016.
© RFI/Sonia Rolley

La ministre française de l'Environnement et présidente de la Cop21 effectue une visite éclair en RDC où elle a tenu à débuter sa tournée africaine, compte tenu a-t-elle souligné, du rôle joué par le gouvernement congolais dans les négociations sur l'accord de Paris. Une visite en pleine polémique sur une possible levée du moratoire sur l'exploitation du bassin forestier du Congo, la deuxième forêt tropicale la plus importante du monde. Mais il y a surtout été question de compensations.

La semaine dernière, plusieurs ONG de protection de l'environnement s'étaient inquiétées d'une possible levée du moratoire sur l'exploitation du bassin forestier du Congo. C'est ce qu'aurait annoncé le ministre congolais de l'Environnement. Son homologue du Tourisme s'est longuement entretenu avec Ségolène Royal. Elvis Mutiri wa Bashara a insisté sur l'importance des compensations.

« Nous avons bien sûr exposé les problèmes qui sont les nôtres et les compensations qu'on est en droit d'en attendre, parce que nous contribuons à faire respirer le monde. Nous ne pouvons pas lever le moratoire parce qu'il y aurait des compensations qui nous permettent de soutenir cet effort », dit-il au micro de RFI.

La ministre française de la Coopération assure ne pas être venue pour donner des injonctions, mais au contraire pour écouter et relayer les préoccupations de ses interlocuteurs.

« Je n'ai pas à prendre de décision à la place des Etats, se défend Ségolène Royal. Ce que je peux vous dire, c'est que je vais mettre tout mon poids pour que la question de la lutte contre le réchauffement climatique se fasse avec des règles de justice. Il faut trouver des compensations pour qu'en contrepartie, ce travail de protection de la forêt produise aussi du développement économique et des revenus aux populations locales qui habitent à côté de ces forêts. »

Aucun montant n'a été annoncé pour ces compensations. Le gouvernement de la RDC avait estimé avant la Cop21 que ses besoins en financement en matière d'environnement s'élèvaient à 21 milliards de dollars.

La ministre française de l'Environnement a aussi insisté sur l'importance de développer l'accès à l'électricité en Afrique et a souligné le « considérable potentiel » en hydro-électricité de la RDC. Ségolène Royal a d'ailleurs survolé le barrage d'Inga avant de prendre la direction de Brazzaville.

La RDC assure depuis le mois de décembre la présidence des 48 Etats du groupe des pays les moins avancés, les PMA et s'est à nouveau engagée - à l'occasion de cette visite - à faire ratifier l'accord de Paris comme prévu le 22 avril à New York.