Centrafrique: un chef anti-balaka du nord de Bangui arrêté

Bawa, un caïd anti-balaka issu de l'armée et qui sévissait en toute impunité dans les quartiers nord de Bangui, a été arrêté lundi 14 mars. (Photo d'illustration)
© AFP PHOTO/EDOUARD DROPSY

En Centrafrique, c'est une arrestation forte en symbole. Bawa, un caïd anti-balaka issu de l'armée et qui sévissait en toute impunité dans les quartiers nord de Bangui, a été arrêté lundi 14 mars. L’arrestation fait suite à l'appel du ministre de la Défense à faire le ménage dans les rangs de l'armée. Beaucoup d'anciens militaires ont rejoint les rangs des anti-balaka ou se sont reconvertis dans le crime organisé ces dernières années.

Pour le ministre de la Défense, Joseph Bindoumi, cette arrestation marque le début d'une opération de nettoyage des forces armées centrafricaines en quête d'une nouvelle image. C'est d'ailleurs grâce aux renseignements d'autres militaires que les gendarmes, appuyés par la Minusca, ont appréhendé Bawa, de son vrai nom Samy Urbain, ancien caporal-chef de l'armée, tranquillement attablé dans un cabaret de PK12, à la sortie nord de la capitale.

Depuis plusieurs mois il était recherché pour le meurtre d'un autre FACA, d'une balle à bout portant, au vu et au su de tous. Après cet épisode Bawa s'était mis au vert dans le nord-ouest du pays avant de rentrer récemment à Bangui où ses collègues n'avaient manifestement pas oublié son geste.

Mais le pédigrée de Bawa serait beaucoup plus lourd encore. Une enquête préliminaire est en cours pour déterminer le vrai du faux. Est-ce lui qui a mené l'attaque contre une délégation de l'UPC en octobre 2015 qui a couté la vie à plusieurs cadres de ce mouvement issu de l'ex-Seleka ? L'événement avait alors embrasé de nouveau Bangui tout juste sortie de plusieurs jours de violences meurtrières. De combien de braquages et de meurtres est-il l'auteur ? Depuis l'annonce de son arrestation en tout cas, les victimes présumées ou leurs proches se manifestent auprès de la justice.