Ouganda: l'assignation à résidence de l'opposant Kizza Besigye se prolonge

L'opposant ougandais Kizza Besigye avant qu'il ne soit assigné à résidence.
© RFI

En Ouganda, la Cour suprême doit se prononcer, d'ici à la fin du mois, sur la validité de la dernière élection présidentielle. Yoweri Museveni l'a remportée, le mois dernier, avec 61% des voix. L'opposition conteste les conditions du scrutin et le cinquième mandat du président Museveni. Son principal rival, Kizza Besigye, arrivé deuxième, est toujours assigné à résidence en banlieue de Kampala.

Comme il ne peut pas sortir de chez lui, Kizza Besigye en profite pour tweeter, y compris des photos de lui en tee-shirt, un tee-shirt noir sur lequel il est écrit : « Je ne peux pas respirer. » Besigye est assigné à résidence depuis bientôt un mois, une mesure qu’il considère comme illégale. « Je ne devrais pas être retenu dans un endroit non autorisé par la loi, confie-t-il. Peu importe les chefs d’accusation auxquels je fais face, je devrais être retenu dans un endroit autorisé par la loi ! Une fois que ce sera fait, je devrais être présenté devant un tribunal sous 48 heures. Dans mon cas, on n’a rien fait de tout cela. »

Le dirigeant du Forum pour le changement démocratique, le principal parti d’opposition, entend saisir les tribunaux, tant au niveau de l’Ouganda que de l’Afrique de l’Est.

Son assignation est inquiétante, selon le Béninois Roland Adjovi, membre du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire. « Mettre en prison l'opposant principal après une élection qui est contestée ou restreindre ses libertés, c'est pour le moins étrange. Les opposants sont souvent maltraités, mais pas à ce point », s'indigne-t-il.

On a eu des situations similaires d'opposants politiques qui ont souffert d'abus du pouvoir et le groupe de travail a rendu des décisions
Roland Adjovi
16-03-2016 - Par Michel Arseneault

Les autorités ougandaises font valoir que Besigye est assigné à résidence pour des raisons d’« ordre public » et de « sécurité ».