Présidentielle au Congo: le contraste des moyens de campagne

Une affiche du candidat Guy Brice Parfait Kolelas, leader du MCDDI, membre de l'IDC sur un véhicule de campagne.
© RFI/Manu Pochez

J-3 avant la fin de la campagne pour l'élection présidentielle anticipée de dimanche au Congo-Brazzaville. La plupart des candidats sillonnent actuellement l'intérieur du pays. Tous n'ont pas les mêmes moyens. Et dans la capitale, certains s'en plaignent. D'autant que l'accélération du calendrier électoral, décidée par le président Sassou fin 2015, a pris de nombreux candidats de court.

D’est en ouest, du nord au sud de Brazzaville deux images accaparent l’œil des habitants. Celle du président candidat Denis Sassou Nguesso, et celle de l’éléphant son emblème. Affiches, banderoles, photos géantes, caravanes de partisans… Aucun autre candidat n’aligne autant de moyen, comme l'a remarqué cet habitant, qui constate qu'il y a « beaucoup de panneaux pour le président Sassou ». « Parce qu'il a beaucoup d'argent », estime-t-il. Aucun non plus n’a un QG de campagne de l’envergure du sien : quatre étages d’un luxueux immeuble flambant neuf avec vue imprenable sur le fleuve Congo.

L'opposition prise de court par le calendrier

Pour le porte-parole de l’opposant Guy Brice Parfait Kolelas, pas de doute. Ce sont là « des moyens d’Etat ». Vivien Mabangou dénonce un « indécent mélange entre le budget de l’Etat et celui de la campagne ». De fait, le QG de campagne de son candidat est beaucoup plus modeste. On y accède par un étroit chemin de terre crevassé par l'orage de la veille. L'échafaudage de construction recouvre encore partiellement l'édifice. « C'est un siège de circonstance, explique à RFI le porte-parole de Guy Brice Parfait Kolelas, puisqu'il y a une ordonnance judiciaire qui lui interdit d'utiliser le local de son parti. Mais à la guerre comme à la guerre ! L'urgence faisant, on a été obligé d'inaugurer rapidement ce site, qui est en pleine construction. »

Autre QG de campagne de l’opposition, celui du général Mokoko, pris de court lui aussi par l’accélération du calendrier. Faute d’avoir pu rassembler ses soutiens financiers à temps, son entourage se targue de faire une campagne populaire, sans tee-shirts, ni casquettes peut-être mais portée par la mobilisation de ses partisans.

Des soutiens privés pour le président-candidat

Denis Sassou Nguesso confond-il argent public et comptes de campagne, comme l'en accusent ses opposants ? « Il s'agit, comme d'habitude avec certains opposants, d'exagérations voire de propos inexacts, explique son porte-parole et ministre de la Communication, Thierry Moungalla. En tant que candidat, restant chef de l'Etat jusqu'à nouvel ordre, il dispose d'une sécurité et de la logistique liée à sa fonction. Maintenant, pour le reste, nous prenons bien soin, tous les animateurs de la campagne, de distinguer la gestion courante de l'Etat de celle de la campagne. » L'argent de la campagne provient exclusivement de fonds privés, assure le porte-parole du président-candidat.

Quels que soient les camps et les moyens, en tout cas, lorsqu’il s’agit d’avancer des chiffres la plupart des langues se lient dans un pays où les dépenses de campagnes ne sont ni plafonnées ni contrôlées.

Le siège de campagne du candidat à la présidentielle congolaise de 2016, Guy Brice Parfait Kolelas encore en chantier. © RFI/Manu Pochez