Des Tunisiens nostalgiques de l'ère Ben Ali

Une femme tend la main dans une rue de Sidi Bouzid.
© AFP/ Khalil

Khaled Chouket, porte-parole du gouvernement tunisien, souhaite le retour de Ben Ali en Tunisie. C'est ce qu'il a déclaré lors d'un entretien sur la radio privée IFM devant des journalistes abasourdis. Selon lui, les Tunisiens ne peuvent aller de l'avant qu'à travers la « réconciliation et le pardon ». Dans le pays, une partie de la population connaît une forme de nostalgie de l'ère Ben Ali. Reportage.

« C'était mieux avant ! » Une petite phrase que l'on entend désormais régulièrement en Tunisie. Avant, sous Ben Ali, la vie coûtait moins chère explique ce tailleur, qui ne cache pas sa nostalgie pour l'ancien dictateur.

« Ben Ali, je l'aime ! Je l'aime car à son époque on gagnait notre vie, il y avait du travail. Je vendais ma marchandise, maintenant c'est la misère... C'était pas le meilleur des présidents, mais la situation était plus stable ! Avant, j'avais cinq employés, et maintenant je suis quasiment au chômage ! »

Nostalgie d'une époque, plus que du personnage, certains évoquent une économie qui allait mieux, des rues propres. Mais pour Sara, c'est surtout la question du terrorisme qui a changé. « Sur le plan sécuritaire, vraiment, c’est la nostalgie, confie-t-elle. Nostalgie... Ça n’est pas Ben Ali qu’on regrette, mais on était mieux, surtout les femmes, à l’époque de Ben Ali... On était mieux. »

Un discours nostalgique qui écœure tout de même une grande partie de la société civile, celle qui est descendue dans les rues en janvier 2011 pour réclamer la liberté. Des manifestations massives qui avaient entrainé la chute de Ben Ali forcé à fuir vers l'Arabie saoudite.

En Tunisie, plusieurs ONG, choquées par les propos de Khaled Chouket, exige sa démission immédiate.