Afrique du Sud: les positions de Thabo Mbeki sur le sida devant le TPI?

Thabo Mbeki a propulsé l’Afrique du Sud au rang de première puissance économique du continent, mais la criminalité élevée dans le pays et ses positions sur le sida ont fait de l’ombre à son bilan.
© (Photo : Reuters )

Un expert sur le sida estime que l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki devrait faire l’objet d’une enquête pour crime contre l’humanité pour avoir refusé de fournir des antirétroviraux aux personnes séropositives au début des années 2000. Pour Stephen Lewis, un ancien envoyé spécial des Nations unies pour le VIH sida en Afrique, cette décision a coûté la vie à plus de 300 000 Sud-Africains.

Faut-il enquêter sur l'ancien préisdent sud-africain, Thabo Mbeki, pour crimes contre l'humanité ? C'est l'avis émis par un expert, qui a travaillé sur le virus du sida, en Afrique du Sud. Il reproche à l'ex-chef d'Etat d'avoir refusé de fournir des médicaments, des antirétroviraux aux personnes séropositives au début des années 2000.

Bien évidemment, la plupart des plaintes déposées à la Cour pénale internationale découlent d’un conflit armé, mais je suis d’avis que les crimes contre l’humanité peuvent dépasser le cadre d’un conflit armé ou d’une guerre. Dans le cas qui nous préoccupe, il s’agit du président d’un pays qui, malgré de solides preuves scientifiques, a refusé de donner son feu vert à la distribution de médicaments, provoquant, par le fait même, la mort de 330 000 personnes, un bilan auquel sont arrivées l’École de santé publique de l’université Harvard mais aussi des chercheurs sud-africains. A mes yeux, cela constitue un crime contre l’humanité. Chose tout à incroyable : ce bilan est supérieur au nombre de personnes tuées dans la guerre en Syrie.
Stephen Lewis, envoyé spécial des Nations unies pour le VIH sida
17-03-2016 - Par RFI