Niger: l'opposition ne reconnaîtra pas les résultats de la présidentielle

Un militant de Hama Amadou, le 17 mars, à la conférence de presse de la Copa qui soutient le candidat.
© RFI / Marie-Pierre Olphand

La coalition qui soutient Hama Amadou au second tour de la présidentielle de dimanche 20 mars, a confirmé son boycott du scrutin jeudi 17 mars lors d’une conférence de presse. Hama Amadou reste candidat, sa photo sera bien sur les bulletins de vote, mais ses militants et ses partisans sont appelés à ne pas se rendre aux urnes pour que le taux de participation soit le plus bas possible.

Après de longues discussions pour peser chaque mot de leur communiqué les leaders de l'opposition ont fini par se mettre d'accord : Tous les militants sont appelés à rester chez eux dimanche, à prier et à se recueillir pour dénoncer « l'instrumentalisation » de la commission électorale, la Ceni, et de la Cour constitutionnelle. « La Copa 2016 réitère son boycott du scrutin du 20 mars 2016. Elle invite ses militantes et militants, sympathisantes et sympathisants, ainsi que tous les citoyens épris de paix, de justice et d'égalité, à rester à la maison le 20 mars, afin de consacrer cette journée à la prière, au recueillement, à la méditation et au jeûne pour que Dieu descende la paix et la stabilité sur notre pays », a déclaré solennellement Amadou Djibo, dit Max, l'un des porte-paroles de la Copa.

L'opposition s'exclut aussi du processus de vote et de dépouillement puisqu'elle n'enverra aucun délégué dans les bureaux de vote.... « Nous avons demandé à nos militants de ne pas sortir pour aller voter, poursuit Amadou Djibo. C’est clair ! Par notre absence dans les bureaux, ils sortiront les PV qu’ils veulent, les résultats qu’ils veulent… Tout le monde saura que ces élections au Niger n’ont jamais été crédibles ! »

Un adversaire qui refuse de se battre

Cette déclaration de la COPA, comme les précédentes, est balayée d'un revers de la main par le pouvoir qui y voit là le signe d'un adversaire affaiblit qui quitte le ring avant même de se battre. Abderahamane Assoumana, un des responsables de la mobilisation au sein du PNDS -le parti au pouvoir- se déclare serein. « Quelles que soient les intentions mauvaises qu’ils [l'opposition] sont en train d’envisager, nous, nous allons confiants à ce scrutin, sereins, et nous allons les battre dans les urnes !»

Quels que soient les résultats, l'opposition a déjà annoncé qu'elle ne les reconnaîtrait pas et appelle de ses voeux une transition politique pour de nouvelles élections libres et démocratiques. Un appel qui n'a aucun sens estime-t-on dans les rangs du parti au pouvoir.

►Par ailleurs, la garde à vue du médecin personnel de Hama Amadou a été prolongée par le procureur ce jeudi après-midi, pour un complément d’information. Le professeur Yacouba a été arrêté mardi 15 mars pour « diffusion de fausses nouvelles ».