Pas d'audience de la Cour suprême: la déception des proches des activistes

La Cour suprême de République démocratique du Congo, Kinshasa, le 16 mars 2016.
© RFI/Sonia Rolley

Confusion à la Cour suprême. Les avocats et les familles des activistes Fred Bauma de la Lucha, Yves Makwambala de Filimbi et du défenseur des droits de l'homme, Christopher Ngoyi ont passé la journée hier, mercredi 16 mars, dans la salle d'audience, espérant un verdict sur leurs demandes de remise en liberté provisoire de leurs proches. La cour avait fixé la date du 16 mars dans ces deux affaires. Mais finalement, aucun des hauts magistrats du pays ne s'est présenté.

En théorie, dans le dossier de Fred Bauma et Yves Makwambala, pas de difficulté particulière, le jugement est officiellement prêt depuis au moins une semaine... Lors de la précédente audience, il n'avait pas été rendu simplement à cause de l'absence d'un magistrat. Pour Christopher Ngoyi, l'audience a eu lieu lundi et les juges de la cour suprême avaient annoncé un verdict dans les 48h. Convocation dans les deux affaires à 9h30. Mais à 18h, toujours rien.

Me Patrick Ngoyi, fils et avocat de Christopher se dit déçu. « Je le suis... par rapport à l'image de notre justice... sans connaître le contenu de la décision, si jamais elle a déjà été prise... »

Alors que les avocats et les membres de familles donnent des interviews devant la cour, un policier ferme à clef la porte de la salle d'audience sans plus d'explications... Du côté des familles, pour beaucoup des femmes et des enfants en bas âge, c'est l'incompréhension.

Malgré la porte fermée, la nuit qui tombe, elles préfèrent rester. « Ils avaient promis ! Quand on promet, on doit tenir parole... Quand la justice ne tient pas parole, ça devient suspect ! », témoigne une femme.

Un groupe de policiers finira par chasser ceux qui s'obstinent à rester, assurant que tous les magistrats sont partis. Circulez, il n'y a plus rien à voir.

Les proches des 3 activistes dans l'attente d'une réponse à leur demande de mise en liberté provisoire, mercredi 16 mars devant la Cour suprême à Kinshasa.in © RFI/Sonia Rolley