Littérature africaine: Alain Mabanckou ovationné au Collège de France

L'auteur congolais Alain Mabanckou, lors de sa leçon inaugurale au Collège de France, à Paris, le 17 mars 2016.
© JACQUES DEMARTHON / AFP

Le romancier et essayiste Alain Mabanckou a prononcé ce jeudi 17 mars sa leçon inaugurale au Collège de France, où il a été admis à la chaire annuelle de création francophone. Un grand moment pour lui, mais aussi pour les lettres africaines francophones.

Avec notre envoyé spécial au Collège de France,  Olivier Rogez

Le public et les professeurs du Collège de France lui ont réservé une véritable ovation. Alain Mabanckou avait peur avant sa leçon inaugurale. Mais après une heure d'éloquence érudite, il était heureux et soulagé. « C'est peut-être une des dernières leçons inaugurales de mon existence ! On ne l'a fait pas deux fois, on n'en fait pas tous les jours ! Ca fait plaisir de vivre cette expérience et cela m'oblige à apprendre », s'est-il ému.

Dans le public, ses amis et parents comme son cousin, Félix Tchicaya, neveu du grand poète Tchicaya U Tamsi, ne cachaient pas leur fierté. « Dans son discours j'ai vu tout son parcours, parce que je le connais depuis plus de 20 ans et c'est pour ça qu'il avait toute cette densité, cette tranquilité, cette sérennité », a-t-il déclaré.

Certains sont venus de loin pour l'écouter, comme ce psychanalyste haïtien, Joel Desrosiers. Il est venu du Québec pour ce moment qu'il qualifie d'historique. « Il y a des événements littéraires qui sont mondains. D'autres sont historiques. Je crois que la France est en train de montrer une réhabilitation des lettres africaines et l'avenir nous est ouvert », estime-t-il.

Alain Mabanckou entre au Collège de France et derrière lui, c'est à un immense cortège d'écrivains africains à qui l'université française rend hommage. Vu de Paris, les lettres africaines francophones ont enfin leurs lettres de noblesse.

Le passé colonial continue de bouillonner
EXTRAIT
18-03-2016 - Par Olivier Rogez