RDC: Bauma, Makwambala et Ngoyi restent en prison

La prison civile de Makala à Kinshasa, où sont détenus les trois activistes.
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En République démocratique du Congo, La Cour suprême a refusé la liberté provisoire sollicitée par Fred Bauma et Yves Makwambala, deux militants de la société civile détenus depuis un an à Kinshasa. Le militant Christopher Ngoyi Mutamba demeure lui aussi en détention. Les deux premiers ont entamé une grève de la faim et leur avocat alerte sur l'état de santé de ces militants de la société cibile qui s'est dégradé au fil des mois de détention.

Fred Bauma et Yves Makwambala, deux militants de La Lucha, mouvement né à Goma en 2012 à l'initiative de plusieurs étudiants et aujourd'hui dans le collimateur des autorités, sont détenus depuis un an à Kinshasa. Ils ont été arrêtés lors d'une rencontre internationale sur la bonne gouvernance en Afrique organisée par le mouvement Filimbi, et sont poursuivis par la justice congolaise pour complot contre le président Joseph Kabila. Christopher Ngoyi, lui, a été arrêté en janvier 2015, au moment des manifestations à Kinshasa contre la réforme du Code électoral.

Les trois sont dans un état de santé inquiétants et ils n’ont aucune raison de fuir la justice, assure l’un de leurs avocats Maître Georges Katiamba qui précise que deux d’entre eux ont entamé une grève de la faim. « Ils sont en détention depuis plus d’une année, leurs dossiers sont déjà fixés au tribunal, les procès ont déjà commencé, leur fuite n’est pas à craindre et leur état de santé reste préoccupant. Il leur faut une possibilité d’accéder aux soins de santé les plus appropriés possible, qui ne leur sont pas fournis ou prodigués par la prison de Makala ».

Fred Bauma et Yves Makwambala en grève de la faim

« J’en profite pour vous dire que depuis hier déjà [mercredi 16 mars], Fred et Yves sont entrés en grève de la faim. Ils pensent que leur sort doit être rapidement connu dans les meilleurs délais et ils essaient, par ce geste, d’attirer davantage l’attention de l’opinion nationale et internationale sur le caractère arbitraire et non fondé de leur arrestation.

Et Christopher Ngoyi, vous savez qu’il est très, très malade. Donc dans tous les trois cas, il y a urgence à ce que les autorités leur accorde cette liberté provisoire, parce que leur état de santé vaut plus que les actions judiciaires qui sont lancées ».