Niger: bilan d’une étrange campagne présidentielle

Hama Amadou (à gauche) et Mahamadou Issoufou.
© AFP/Issouf Sanogo/Farouk Batiche/Montage RFI

Au Niger, la campagne présidentielle pour le second tour s’est terminée vendredi soir 18 mars. Une campagne particulière, puisque l’un des deux candidats, Hama Amadou, a choisi de boycotter le scrutin. Un candidat qui plus est absent, depuis quatre mois en prison et qui a été évacué en début de semaine à Paris pour des raisons de santé. Bilan de cette étrange campagne.

C’est une campagne monocolore qui vient de se terminer : celle du président Issoufou, et sa couleur, le rose, visible sur les affiches, les fanions et les boubous portés par les femmes de la mouvance présidentielle, jusqu’au rouge à lèvres et aux bijoux.

Comme au premier tour, le chef de l’Etat a sillonné toutes les régions du pays avec une préférence cette fois-ci pour les villes secondaires ; une tournée qui s’est terminée jeudi 17 mars par la région de Tahoua, son fief électoral. Dans les médias publics là aussi, le président Issoufou a été le seul à faire entendre sa voix puisque l’autre camp n’a pas souhaité bénéficier du temps d’antenne qui lui était alloué.

Durant ces dix jours de campagne, l’opposition a choisi de rester en retrait, une absence pour accentuer, dit-elle, le déséquilibre d’une situation qui est dès le départ

Nous aurions voulu, honnêtement, que l'ensemble des acteurs soit présent...
Maître Kadry, vice-président de la commission électorale.
18-03-2016 - Par Marie-Pierre Olphand

inéquitable puisque son candidat est en prison depuis le 14 novembre et n’a donc pas pu concourir librement. Pour ne pas cautionner ce qu’elle qualifie de « bricolage électoral », elle a donc suspendu sa participation sans retirer son candidat qui aura donc sa photo sur le bulletin unique.

L'opposition n'a donc pas fait campagne mais elle a aussi retiré tous ses représentants au sein de la Céni, que ce soit au niveau national, régional ou communal, car elle dit ne plus croire en cette instance. Une situation que déplore le vice-président de la commission électorale. L’opposition n’attend plus aucune victoire mais elle espère par son boycott faire chuter le taux de participation.