Niger: hommage au chef d’escadron tué à Bosso par des kamikazes

Obsèques nationales à Niamey, ce samedi 19 mars 2016, du chef d’escadron, Ibrahima Idé, tué par des kamikazes.
© RFI/Marie-Pierre Olphand

Au Niger, les obsèques du chef d’escadron tué à Bosso, jeudi 17 mars, par une attaque de cinq kamikazes venus du Nigeria, ont eu lieu ce samedi 19 mars au matin. Cette cérémonie a été organisée après celle de vendredi qui avait rendu hommage aux trois gendarmes tués, eux, mercredi soir, à l’ouest du pays, à la frontière du Burkina Faso, dans une autre attaque. Ce samedi matin, la cérémonie officielle était présidée par le chef de l’Etat en présence des différents corps d’armées.

Ce matin, à 9h, sous un soleil déjà chaud, quatre sapeurs-pompiers portaient sur un brancard le corps du chef d’escadron, Ibrahima Idé, recouvert du drapeau nigérien. Le chef de bataillon, chargé de prononcer l’oraison funèbre, a ensuite rendu hommage à ce père de huit enfants tué par l’explosion d’un kamikaze : « Chef d’escadron Ibrahima Idé, tu nous quittes pendant une opération dans le bassin du lac Tchad. Tu nous devances mais tu resteras à jamais dans nos cœurs. Qu’Allah, le tout puissant, t’accueille dans son paradis. »

Le défunt a ensuite été décoré par Hassoumi Massaoudou, ministre de la Défense par interim.

Vêtu de blanc, le président Mahamadou Issoufou s’est incliné, à son tour, devant la dépouille, en silence, avant d’aller présenter ses condoléances aux familles abritées sous une tente. Le corps a ensuite été chargé à bord d’un pickup rouge à destination du cimetière de Yantala.

Menace « toujours bien présente »

L’attaque dans laquelle le chef d’escadron a trouvé la mort prouve que la menace terroriste est « toujours bien présente au Niger », reconnaît le ministre de la Défense par interim mais sous une forme différente.

« Aujourd’hui, ce à quoi nous avons affaire, c’est à quelques incursions de quelques individus avec des ceintures d’explosifs. C’est la dernière forme et c’est une forme désespérée. Et de celle-là aussi, nous viendrons à bout », a-t-il affirmé.

Hassoumi Massaoudou a par ailleurs assuré que l’attaque de Bosso, qui a coûté la vie au chef d’escadron, n’a aucun lien avec le scrutin présidentiel de demain.