RDC: la Céni veut un délai pour l'organisation de la présidentielle

Le président de la Commission électorale nationale indépendante, Corneille Nangaa, le 28 janvier 2016 à Goma.
© MONUSCO/Alain Wandimoyi

En République démocratique du Congo, la Commission électorale va introduire un recours auprès de la Cour constitutionnelle pour demander un délai dans l'organisation de la présidentielle. C'est ce que le président de la Céni, Corneille Nangaa, a annoncé dans un entretien à la Voix de l'Amérique, alors qu'il était en visite à Washington.

« Nous allons faire une requête à la Cour constitutionnelle pour avoir une petite extension, limitée dans le temps », explique Corneille Nangaa à la Voix de l'Amérique, précisant que cela est déjà arrivé en 2006.

« Est-il encore possible d'organiser les élections en novembre 2016 ? », fait mine de s'interroger le président de la Commission électorale. Mais pour Corneille Nangaa, il n'y a qu'une possibilité pour tenir aujourd'hui ce délai, c'est de renoncer à la révision du fichier électoral. « Ça va être difficile que les acteurs acceptent », assure le président de la Céni.

La Commission électorale n'a lancé qu'en février dernier l'appel d'offres pour acquérir le matériel nécessaire à une telle révision, après avoir dénoncé un projet de marché par entente direct avec la société belge Zetes. Et le gouvernement vient à peine de verser les premiers 40 millions de dollars sur les quelque 200 millions nécessaires à la révision.

Aujourd'hui, la commission estime qu'il faut plus d'un an pour réviser le fichier. Or selon la Constitution, la présidentielle doit se tenir d'ici la fin de l'année, le président Joseph Kabila terminant en décembre son deuxième et dernier mandat constitutionnel.

L'opposition accuse la Commission électorale, le gouvernement et la majorité de tout faire pour chercher à le maintenir au pouvoir. La révision du fichier permettrait d'intégrer 10 à 12 millions de nouveaux majeurs selon la Céni, 8 millions 50 mille selon l'OIF. Mais également de radier entre 1 et 2 millions de morts depuis la dernière élection en 2011.

Pour les partenaires de la RDC, cette révision est nécessaire pour rendre le scrutin crédible, mais ils appellent également au respect de la Constitution. Le président de la Céni ne précise pas lui de combien de temps serait « cette petite extension » qui, promet Corneille Nangaa, « ne sera pas éternelle ».