Référendum au Sénégal: une fin de campagne tendue

Panneau électoral endommagé dans la banlieue de Dakar.
© AFP/Seyllou

Au Sénégal, la campagne pour le référendum s'est terminée vendredi 18 mars à minuit. Les deux camps ont mobilisé jusqu'à la dernière minute, notamment dans la grande banlieue de Dakar, banlieue qui compte un grand nombre d'électeurs. Signe que ce référendum provoque des tensions, cette fin de campagne a été marquée par des altercations entre les deux camps.

Habituellement, un référendum au Sénégal, c'est un large consensus : 99 % de « oui » en 1963 et 1970, 94% de « oui » en 2001. Mais celui de dimanche 20 mars cristallise, au contraire, toutes les tensions.

« On se sent plus dans une campagne électorale pour la présidence que dans un référendum », note un observateur. Conséquence, ces derniers jours, si l'ambiance dans les caravanes était très bon enfant, très populaire, des altercations entre militants des deux camps sont venues noircir le tableau.

A Kolda, dans la ville sainte de Touba, dans la grande banlieue de Dakar, jets de pierre et, parfois, tirs d'armes à feu en l'air ont semé la pagaille au milieu des cortèges. Les deux parties ont eu les mêmes réactions, via communiqué ou au micro des médias : ne pas répondre à la provocation, battre campagne dans la discipline. Les appels au calme se sont répétés.

Cette journée de samedi, toute propagande étant interdite, devrait permettre de faire retomber la tension. Le vote de dimanche, bien organisé, ne devrait pas poser de problèmes. C'est après, à l'annonce des premières tendances dimanche soir que la pression pourrait remonter.

Ce scrutin doit valider ou pas le projet de révision constitutionnelle, proposé par Macky Sall. Il comprend 15 points, notamment la réduction du prochain mandat présidentiel de sept à cinq ans, le blocage à deux mandats successifs, de nouveaux pouvoirs pour l'Assemblée nationale ou encore des droits pour les citoyens.