Un mois après son viol au Tchad, Zouhoura devant la presse à Paris

Zouhoura, jeune fille tchadienne, victime d'un viol, a témoigné et rencontré la presse, à Paris, le vendredi 18 mars 2016.
© ALAIN JOCARD / AFP

Au Tchad, début février, les images du viol d’une adolescente avaient circulé sur les réseaux sociaux, suscitant une vague d’indignation parmi la population. Dans le cadre de l’enquête, cinq fils de dignitaires du régime ont été appréhendés. La jeune fille est de passage à Paris. RFI l'a rencontrée.

Un peu de maquillage coule sur la joue de Zouhoura. A 17 ans, cette jeune Tchadienne a choisi de prendre la parole pour dénoncer le viol collectif dont elle a été victime. Et cela, malgré les menaces de ses agresseurs qui ont filmé la scène et publié la vidéo. « Au début, je ne parlais pas. Je ne disais rien. Mais après, quand j’ai vu tout le monde me soutenir, je me suis dit : pourquoi ne pas parler, dire, me battre en fait. Tout le monde veut que justice soit faite et que cela ne se produise plus », a confié Zouhoura.

L'affaire avait fait grand bruit au Tchad. Le président Idriss Déby avait qualifié cet acte d’« ignoble ». Plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Ndjamena. Suite à une forte mobilisation, cinq fils de dignitaires du régime ont été interpellés. Parmi eux figure celui du ministre des Affaires étrangères. Zouhoura exprime sa gratitude pour les personnes qui, émues par son histoire, sont descendues dans la rue pour demander justice. Au cours de la répression policière, deux d’entre elles ont trouvé la mort.

Aujourd’hui Zouhoura est en France, elle veut poursuivre son combat. « Il n’y a pas que moi. Je ne suis pas la seule victime. Il y a d’autres femmes qui ont été violées, des filles que je connais qui sont restées dans l’anonymat et qui n’ont rien dit. Il faut qu’ils comprennent qu’à un moment, il faut arrêter », a-t-elle déclaré. Ainsi que le remarque un Tchadien de Paris, « beaucoup reste à faire mais la parole commence à se libérer. »