Référendum au Sénégal: le point sur la mobilisation à la mi-journée

Des électeurs s'apprêtent à voter dans le bureau de l'école Biscuiterie à Dakar, pour le référendum constitutionnel au Sénégal, le 20 mars 2016.
© Guillaume Thibault/RFI

Au Sénégal, les bureaux de vote ont ouvert aux alentours de 8 heures (heure locale) et fermeront à 18 heures. Les électeurs se prononcent par référendum sur une réforme de la Constitution, un texte en 15 points qui vise à réduire de 7 à 5 ans le mandat du président. L'objectif est aussi de donner de nouveaux pouvoirs à l'Assemblée nationale et d'octroyer de nouveaux droits aux Sénégalais comme celui de vivre dans un environnement sain. A la mi-journée, la participation n’est pas exceptionnelle. Tous les acteurs politiques ont appelé les électeurs à venir voter.

Premier constat de ce scrutin à deux heures de la fermeture des bureaux de vote : l’affluence n’est pas massive. La cour de l’école de grand Yoff est quasiment vide à la mi-journée. « On s’ennuie dans nos bureaux », a expliqué sous l'ardent soleil de midi deux assesseurs. Après les files d'attente du début de matinée, il n’y a plus grand monde. A la mi-journée, le taux de participation oscille entre 15% et 20%.

Dans ce quartier populaire de Dakar, « sur 577 inscrits nous avons 84 votants », a expliqué la présidente du bureau à la mi-journée. Elle a une explication : « Les gens travaillent du lundi au samedi, ils n’ont que le dimanche pour se reposer. Les gens viennent donc vers 16 heures. »

Les élus ont appelé à la mobilisation

Le président de la Céna, la commission électorale, Doudou Ndir, est venu voter dans ce centre et il a évoqué un taux de participation entre 15% et 20% à la mi-journée. C’est également ce que RFI a constaté : 70 votants sur 770 électeurs inscrits au bureau numéro 3 de cette école, 80 sur 700 dans le bureau numéro 5.

C’est ensuite Khalifa Sall, le maire de Dakar qui s’est présenté. Ce dernier a voté « non » alors que son parti, le Parti socialiste appelle au « oui ». Et il a demandé à tous les électeurs de venir voter en nombre : « C’est un devoir citoyen », a rappelé l’élu de la capitale.

De son côté, le député et membre du parti présidentiel, Abdoulaye Ndiaye, a voté « oui » et a appelé les électeurs à venir en nombre : « J’ai des craintes parce qu’en vérité le premier défi est celui de la participation. Nous allons continuer à demander aux habitants de venir s’acquitter du devoir civique. » « C’est très important de s’exprimer et donner son avis par rapport au référendum », a commenté monsieur Bass à la sortie du bureau.

Reste à voir si les électeurs sortiront plus nombreux, notamment en fin d’après-midi. Mais c’est le premier constat de ce référendum, qui a valeur de test pour Macky Sall : la participation à la mi-journée, en tout cas à Dakar, n’est pour le moment pas très élevée. Le vote en dehors des grandes villes est visiblement plus important, notent des observateurs.

Affluence dans la matinée

Pourtant il y avait du monde, ce matin, sous les manguiers de l’école Biscuiterie, qui compte 19 bureaux de vote. « Nous sommes prêts », a expliqué à l'ouverture le chef du bureau numéro 1. Tout le matériel était déjà là pour ce vote simple à deux bulletins : un blanc et noir pour le « oui », un autre rose et blanc pour le « non ».

« C’est un devoir d’être là. Tous les électeurs doivent répondre à l’appel », a expliqué Lamine, doyen paré dans un superbe boubou marron et blanc, couleurs du parti présidentiel. Il laissait alors entendre qu'il allait voter « oui » à ce projet de réforme proposé par Macky Sall. Ce dernier souhaite à la fois une participation massive et une large victoire.

Le voisin de Lamine dans la file d’attente n’a pas été du même avis. Boubacar : « On nous a mal expliqué les 15 points de cette réforme. La campagne a été trop courte. Moi pour ces raisons, je vais voter non. »

L’ambiance était néanmoins sereine à l‘ouverture des bureaux de vote pour ce référendum que certains comparent à une élection présidentielle tant les deux camps du « oui » et du « non » sont divisés.

Une électrice sénégalaise glisse son bulletin dans l'urne dans le bureau de l'école Biscuiterie à Dakar, pour le référendum constitutionnel, le 20 mars 2016. © Guillaume Thibault/RFI