Niger: UE et OIF réagissent à la bataille des chiffres du second tour

Des membres de la Commission électorale vérifient les résultats de l'élection présidentielle nigérienne, ce lundi 21 mars 2016, au Palais des Congrès de Niamey.
© ISSOUF SANOGO / AFP

Au Niger la Commission électorale (CENI) continue d'annoncer les résultats, commune par commune. Officiellement, aucun taux de participation n'a été communiqué mais la bataille des chiffres bat déjà son plein dans les états-majors politiques. L'Union européenne (UE), elle, dit prendre note de la baisse de la participation au deuxième tour de l'élection présidentielle de ce dimanche 20 mars au Niger. Elle plaide, tout comme l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), pour un dialogue inclusif.

Preuve de la bataille entre les états-majors politiques, les chiffres contradictoires annoncés par chacun des camps : 11 % de participation dit l'opposition, plus de 50 avance le parti au pouvoir.

Dans la capitale, Niamey, la coalition qui soutient Hama Amadou estime que seuls 8 % des électeurs se sont rendu aux urnes. Dans la région de Tahoua, fief du chef de l'Etat, la participation serait de 22 %, pas plus, dit l'opposition. Pour elle, le pari du boycott est donc réussi.

Dans le camp du président Mahamadou Issoufou, on répète au contraire avec assurance que l'appel au boycott a été un échec et que les opposants ne sont que des mauvais perdants. Pour ne citer qu'un résultat, le parti au pouvoir annonce à Niamey une participation de 25 % environ, trois fois plus donc que l'opposition.

Les résultats sont diamétralement opposés, comme si les deux camps ne parlaient pas du même scrutin. Et ce n'est pas sûr que la Commission électorale réussisse à jouer les arbitres. L'opposition a déjà qualifié les résultats partiels de la CENI de « honteux ».

L’UE et OIF plaident pour un rapide dialogue

L'Union européenne, elle, dit prendre note de la baisse de la participation au deuxième tour de ce dimanche 20 mars au Niger. Elle regrette qu'une partie des électeurs ait fait le choix de ne pas aller voter. L'UE plaide pour l'établissement d'un climat politique apaisé, à travers un dialogue inclusif et constructif.

L'organisation internationale de la francophonie (OIF) plaide aussi pour qu'un dialogue se mette en place très rapidement. Michel Kafando, chef de la mission d'information de l'OIF déployée à Niamey, a évoqué la question avec l'opposition et le président Issoufou. Il se dit optimiste. « Nous avons eu une rencontre fondamentale avec les chefs des partis d’opposition samedi [19 mars 2016, ndlr]. Nous avons discuté de tout. Et, comme message, j’ai cru comprendre que l’opposition serait prête à accepter la main tendue du pouvoir, serait prête à vraiment avoir un dialogue, une réunion avec le pouvoir et je pense que c’est une très bonne disposition, que le président Issoufou, si c’est lui qui est élu, devrait pouvoir saisir », a avancé Michel Kafando.

Pour M. Kafando, le président Issoufou est prêt à dialoguer rapidement. « Il [le président Issoufou, ndlr] m’a dit qu’il continuait lui-même à chercher justement des contacts avec certains membres de l’opposition qu’il connaît très bien dans le souci d’apaiser les choses, d’aplanir les difficultés. Personne ne peut gérer le Niger comme ça, seul. Il faut que ce soit vraiment avec la volonté de tout le monde, l’effort de tout le monde. Et moi, je pense que nous sommes dans une situation où il y a une dynamique de dialogue, et cette dynamique, il faut l’encourager », a-t-il ajouté.