Présidentielle au Niger: querelle de chiffres autour de la participation

Une électrice dépose son bulletin dans l'urne pour le second tour de la présidentielle tchadienne. Le 20 mars 2016, à Niamey.
© ISSOUF SANOGO / AFP

Au Niger, le second tour de la présidentielle s’est tenu ce dimanche avec un grand absent, Hama Amadou, le candidat opposé au président sortant, Mahamadou Issouffou, n'est pas au pays. Il a été évacué pour se faire soigner à Paris et opposition a appelé au boycott. Ce lundi matin, la Commission électorale nationale indépendante (Céni) a commencé à annoncer les premiers résultats. Mais les deux camps revendiquent des chiffres différents.

A Niamey, l'appel au boycott a été entendu et ce n’est pas une surprise car la capitale est acquise à l’opposition. La plupart des observateurs qui se sont déployés hors de celle-ci ont aussi confirmé avoir observé une participation nettement plus faible qu’au premier tour, dans la plupart des régions.

A l’heure qu’il est, la bataille des chiffres a déjà commencé. L’opposition estime que la participation ne sera pas supérieure à 15% au niveau national. Pour elle, c’est sans appel : « Les Nigériens ont rejeté le simulacre de scrutin organisé hier. »

Dans le camp du président Mahamadou Issoufou, les chiffres sont très différents. On évoque une participation globale supérieure à 50%. Selon le parti au pouvoir, la mobilisation pourrait être de 25% à Niamey, 40% à Zinder et plus de 55% à Maradi. Il faut rappeler qu’il ne s’agit là évidemment pas de chiffres officiels.

Résultats officiels au compte-gouttes

La Commission électorale nationale indépendante (Céni) a repris ce matin l’annonce des résultats, commune par commune. Mais ils ne concernent pour l’instant qu’un faible pourcentage des électeurs et ne sont pas significatifs.

La Céni a 5 jours au maximum pour proclamer les résultats. Pour ce qui est du déroulement du scrutin, aucun incident sécuritaire n'a eu lieu hier, selon le ministre de l'Intérieur.