Abidjan accueille l’Africa CEO Forum dans un contexte de crise

Un soldat ivoirien dans la station touristique de Grand-Bassam, le 13 mars 2016, jour de l'attaque.
© REUTERS/Luc Gnago

La 4e édition de l'Africa CEO Forum (Chief Executive Officer) d'Abidjan s'ouvre dans un contexte un peu particulier tandis que la Côte d’Ivoire vient d'être frappée par une violente attaque terroriste à Grand-Bassam et qu'une nouvelle tentative d'attentat a eu lieu lundi 21 mars à Bamako. Régulièrement ce sont les hôtels ou les restaurants qui sont visés, des lieux de fortes fréquentations touristiques. Et pourtant, contexte de crise terroriste ou non, l'activité hôtelière se maintient bon an mal an en Afrique de l'Ouest. Témoignages.

« Je pense qu’en fait, les terroristes sont en train d’avoir l’effet contraire de ce qu’ils recherchent parce qu’ils recherchent, c’est faire fuir les gens, faire fuir notamment les investisseurs pour encore aggraver la pauvreté et la misère de nos pays, et ensuite avoir un terreau fertile pour recruter, explique Mossadeck Bally, participant du CEO forum et PDG du groupe Azalaï Hôtels dont le siège est à Bamako. Et je crois que là, ils sont en train vraiment d’échouer parce que partout, que ce soit ici mais aussi dans les autres pays, au Mali, au Burkina, on sent que les investisseurs sont toujours là, que ceux qui doivent venir pour leurs affaires viennent, ceux qui doivent venir pour leur mission viennent. »

« Nous, on est bien placés parce qu’on est dans l’hôtellerie et on voit que oui, il peut avoir un impact immédiat pendant quelques semaines et puis après, la fréquentation repart, poursuit-il. L’effet immédiat, c’est s’il y a des séminaires ou conférences, en général la plupart sont annulés, pas tous heureusement, mais la plupart. Les séjours individuels, une bonne partie, sont annulés aussi. Ça dure environ quelques semaines, un mois, peut-être quatre, cinq mois. Et après petit à petit, on sent que ça repart. Et là par exemple maintenant à Bamako, on retrouve des taux d’occupation auxquels nous sommes habitués. Ici malgré que cet attentat s’est passé il y a une semaine à peine, Abidjan est rempli d’investisseurs. »