Burkina Faso: la colère des milices d'autodéfense contre les autorités

Les membres des milices d'autodéfense burkinabè ont dressé des barricades empêchant ainsi le trafic sur la route nationale 4 qui permet de rejoindre le Bénin, le Togo et le Niger. (photo d'illustration)
© REUTERS/Joe Penney/Files

Au Burkina Faso, les milices d'autodéfense sont en colère contre les autorités. Depuis plusieurs jours maintenant, ils barricadent les principaux axes routiers du pays pour exiger la libération de plusieurs de leurs membres interpellés par les forces de l'ordre pour séquestration et coups et blessures sur un présumé voleur de bétail.

Les membres des milices d'autodéfense, appelés Kogl-wéogo, ont dressé des barricades empêchant ainsi le trafic sur la route nationale 4 qui permet de rejoindre le Bénin, le Togo et le Niger. « Quand la sécurité est venue, ils sont allés négocier. Ça n’a rien donné. Ils sont partis. Ils sont revenus encore. Jusque-là, personne n’est venu vraiment à notre secours. Je suis vraiment très inquiet, puisque normalement on a des jours, quand tu quittes on sait quand tu dois revenir », témoigne l'un d'eux.  « C’est désolant. Depuis ce matin, on a quitté Ouagadougou pour arriver ici pour passer. C’est difficile. Depuis que je suis née, je n’ai jamais vu ce problème-là. C’est la première fois que je vois ça », raconte une femme.

« Vraiment on souffre trop. Depuis 10 heures, on est là. Les passagers sont là, il n’y a pas d’eau, il n’y a pas à manger. Il n’y a rien. Ils n’ont qu’à essayer de voir cette situation. On ne peut pas travailler dans cette situation. Comment on peut s’en sortir ? », poursuit un autre homme.

Il a fallu les talents de négociateur d’Abdoulaye Ouédraogo, le gouverneur de la région du plateau central, pour convaincre les manifestants de libérer le passage : «  Je crois qu’à partir de maintenant, nous allons multiplier quand même les échanges de concert avec les forces de défense et de sécurité pour que ce genre de situation ne se répète pas. En attendant bien entendu que l’autorité centrale puisse se prononcer assez clairement sur cette question de Kogl-wéogo ».

Mais les membres des groupes d'autodéfense accordent un délai de 48 heures au gouvernement pour libérer leurs camarades arrêtés pour séquestration, coups et blessures, sur un présumé voleur de bétails. Plusieurs axes routiers du pays ont été ainsi barricadés par ces milices d'autodéfense.