Congo: le travail de la commission électorale de l’opposition «avance bien»

Le suspense demeure quant au résultat de la présidentielle car l'information est verrouillée.
© REUTERS/Roch Bouka

Il n’y avait toujours pas de téléphone, de SMS, ni d'Internet lundi soir au Congo-Brazzaville. Pas de résultats non plus, après la présidentielle de dimanche. Ce black-out sur les communications ralentit le travail de compilation des résultats par la Commission nationale des élections indépendante (CNEI). Selon Charles Zacharie Bowao, coordonnateur de l'alliance électorale de l'opposition, la Commission technique électorale (CTE), sorte de commission électorale parallèle créée par l'opposition, a commencé, elle aussi, à compiler ses résultats, pour se prémunir contre tour risque de fraude.

Selon Charles Bowao, le travail de collecte et de compilation des résultats par l'opposition se fait dans trois endroits : dans le QG de campagne d'André Okombi,  Salissa, dans celui de Guy Brice Parfait Kolelas et dans un troisième lieu, « tenu secret pour des raisons de sécurité », explique-t-il. Le tout, sur la base des procès-verbaux collectés par les représentants des partis de l'opposition présents dans les bureaux le jour du scrutin.

En dépit du black-out sur les communications et malgré un certain flou sur les procédures d'acheminement depuis l'intérieur du pays, à en croire Charles Bowao, le travail « avance bien ». Il promet d'aller « jusqu'au bout ».Thierry Moungalla, porte-parole du gouvernement congolais, a toujours rappelé que seul le ministère de l'Intérieur était habilité à proclamer officiellement des résultats. Et hier, il a invité chaque équipe de campagne à « procéder avec prudence et esprit de responsabilité ».

Un black-out qui pose problème

Quelques heures plus tard, Télé Congo, la télévision nationale, a ouvert son journal de 20h00 sur cette interrogation : «  Qui présidera aux destinées du Congo dans les cinq prochaines années ? En tout cas, le suspense demeure. »  Quoiqu'il en soit, le black-out imposé depuis samedi soir fait aussi grincer des dents à l'étranger.

Ainsi les Etats-Unis et l'Union européenne demandent aux autorités congolaises de rétablir les communications dans le pays. Pour Joe Washington, président de la fondation Ebina, qui vient en aide aux Congolais dans la misère, et figure de la société civile congolaise, les difficultés que provoque cette rétention d'information s'amoncellent. Elles sont d'ailleurs prégnantes dans le milieu médical