Niger: le président Mahamadou Issoufou réélu avec 92,4% des voix

Mahamadou Issoufou, candidat à sa propre réélection, a voté ce dimanche 20 mars 2016, à Niamey.
© ISSOUF SANOGO / AFP

La Commission électorale du Niger (Ceni) a annoncé les résultats globaux mais provisoires du second tour de l’élection présidentielle. L’opposition ayant boycotté le scrutin, celui-ci s’est déroulé sans grand suspens : Mahamadou Issoufou est réélu haut la main pour un second mandat. L'opposition n'accepte pas ces résultats et réagit.

92,4% des voix, c’est le score, encore provisoire, de Mahamadou Issoufou. Un chiffre sans surprise puisque l’opposition a boycotté ce second tour de l’élection. D’ailleurs, Hama Amadou, le candidat de l’opposition, n’obtient que 7,5 % des voix. La participation qui était en fait le seul grand enjeu de ce scrutin, est de 59 % selon la Ceni.

Ce soir, c'est donc la fin d’un scrutin sans grand suspens, où un seul candidat a pu faire campagne, l’autre étant en prison. C’est la fin d’un processus électoral critiqué chaque jour, ou presque, par l’opposition qui a cependant décidé de maintenir son candidat. Ce mardi, l’opposition a dénoncé, une nouvelle fois, une « parodie électorale ». Elle réclame un dialogue pour une transition politique et rejette le taux de participation annoncé par la Ceni.

Ce soir, le chef de l’Etat a demandé aux Nigériens de cesser les invectives. Dans une brève déclaration à la presse, Mahamadou Issoufou a appelé à un grand rassemblement, afin de constituer un large front pour construire le pays.

Je voudrais que la victoire du 20 mars ne soit pas celle d'un seul camp mais celle du pays tout entier [...] Ne gaspillons pas nos énergies dans de vaines querelles pour construire notre maison commune. Notre pays doit renforcer son unité
Mahamadou Issoufou
22-03-2016 - Par Marie-Pierre Olphand

L'opposition conteste

L’opposition a dénoncé ces chiffres et la légitimité de la réélection du président Issoufou, lors d’une conférence de presse. « Les choses sont très claires, a déclaré Amadou Boubacar Cissé, un des leaders de la Copa, la coalition qui a soutenu Hama Amadou. Ce jour 22 mars 2016, nous sommes au jour J-9. Dans neuf jours, notre pays n'aura plus de président légitime. Aucun artifice juridique ne nous fera reconnaître les faux résultats concoctés d'un scrutin tortueux. Personne ne nous fera accepter une mascarade électorale dans laquelle l'expression de la volonté populaire, la vérité et la justice sont défigurées. A partir du 2 avril 2016, la Copa revendiquera la légalité républicaine, au nom de la souveraineté populaire, le mandat du président Issoufou finissant le 1er avril 2016 à minuit. »