Libye: face à la menace de l'EI, les pays voisins admettent que le temps presse

Martin Kobler, envoyé spécial de l'ONU pour la Libye, s'exprime devant la presse au côté du ministre tunisien des Affaires étrangères Khemaies Jhinaoui, le 22 mars 2016.
© REUTERS/Zoubeir Souissi

A l'initiative de la Tunisie, les pays voisins de la Libye se sont donc réunis mardi 22 mars dans la capitale tunisienne en présence de représentants de l'ONU, de l'Union européenne et de l'Union africaine. Ils se disent inquiets de la multiplication des groupes terroristes et appellent à la formation rapide d'un gouvernement d'union nationale.

Le constat est partagé par tous : le chaos qui règne en Libye est inquiétant car il pourrait se propager au-delà des frontières. Alors pour stabiliser la région, les pays voisins souhaitent une solution politique rapide. Et là-dessus, ils se disent unanimes : il faut soutenir l'installation du gouvernement d'union nationale de Faez Seraj à Tripoli. Ce gouvernement, soutenu par l'ONU, n'a toujours pas pu prendre ses fonctions en raison de l'opposition des autorités rivales libyennes actuelles.

Pour Martin Kobler, l'émissaire des Nations unies, il s'agit donc d'une priorité. « Le Conseil présidentiel doit maintenant travailler à partir de Tripoli, la capitale. [Il s'agit de] vraiment mettre en oeuvre, d'organiser à partir de Tripoli le transfert, pacifique mais immédiat, du pouvoir au gouvernement d'entente nationale. C'est maintenant urgent de le faire, parce qu'on ne peut pas garantir que l'extension de Daech va stopper ici. Elle va s'élargir si on ne réagit pas très vite. »

Face au vide sécuritaire, Martin Kobler plaide également pour la construction d'une armée libyenne afin que le pays puisse combattre lui-même l'EI sur son sol.