Niger: Mahamadou Issoufou tend la main à l'opposition

Le président nigérien Mahamdou Issoufou (ici en juin 2015).
© REUTERS/Afolabi Sotunde/Files TPX IMAGES OF THE DAY

Quelques heures à peine après la proclamation des résultats globaux provisoires, le président Mahamadou Issoufou tend la main à l'opposition. Dans une interview accordée à nos confrères de France 24 et de l'Agence France-Presse, il se dit prêt à mettre en place un gouvernement d'union nationale.

« Il faut que l'on se parle », tel est le message du président Issoufou. Le chef de l'Etat nigérien tout juste reconduit pour un second mandat se dit prêt à discuter avec toutes les forces du pays. Mahamadou Issoufou insiste : le pays est en danger, il est menacé à ses frontières, il n'y a donc pas de place pour de vaines querelles.

Dans l'intérêt du pays, il se dit disposé à mettre en place un gouvernement d'union nationale pour fédérer les Nigériens. Cet appel à l'opposition fait suite à des propos similaires tenus dimanche dernier et mardi soir après la proclamation des résultats.

Mais l'entrée de l'opposition au gouvernement suffirait-elle à apaiser la situation politique ? Un dialogue est-il possible entre deux camps qui se sont fortement divisés depuis des semaines, pour ne pas dire des mois ? Autant de questions en suspens à ce stade.

La balle dans le camp de l'opposition

Par ailleurs, on ne sait pas encore comment l'opposition va réagir à cette main tendue. Ce qu'on sait, c'est qu'elle demande depuis plusieurs jours une médiation pour aboutir à une transition politique en vue de nouvelles élections. Campera-t-elle jusqu'au bout sur ses positions ou va-t-elle changer de cap ? Pas sûr que tous ses leaders soient sur la même ligne sur cette question... Ils ont déjà montré dans les derniers jours de campagne des signes de division.

Reste à savoir si Mahamadou Issoufou, qui est en position de force aujourd'hui après sa réélection, pourrait accepter de dialoguer avec une partie qui ne reconnaît pas la légitimité de son élection ni des institutions telles que la Cour constitutionnelle. Rien n'est moins sûr, confie un de ses visiteurs étrangers qui a pu le rencontrer mercredi.

En 2013, pour mémoire, le chef de l'Etat avait déjà formé un gouvernement d'union nationale en ralliant à lui des ténors de l'opposition. Il avait déjà justifié à l'époque cette mesure par la nécessité de sauvegarder la stabilité et la sécurité du pays.