Tchad: grève, emprisonnements, la société civile dans tous ses états

Cinq leaders de la société civile tchadienne sont en prison pour avoir bravé le pouvoir. (Photo d'illustration)
© Thomas SAMSON/Gamma-Rapho via Getty Images)

Au Tchad, les principaux mouvements de la société civile appellent à la grève à partir de vendredi 25 mars. A l'approche du scrutin présidentiel du 10 avril, ils protestent contre un cinquième mandat du président sortant Idriss Déby. Et le nouveau mot d'ordre depuis mercredi, c'est la libération immédiate de quatre leaders de la société civile arrêtés cette semaine.

Plus mobilisée que jamais, les principaux mouvements de la société civile appellent le pays à la grève à partir de vendredi et maintiennent la manifestation pacifique du 29 mars prochain.
Pas question de se plier à l'appel du ministre de l'Intérieur qui a interdit samedi dernier tout rassemblement en dehors de ceux des candidats au scrutin. C'est pour avoir bravé cette interdiction que quatre des leaders de la société civile ont été arrêtés cette semaine.

Les deux leaders des coalitions « ça suffit » et « Iyina », Mahmaat Nour Ahmed Ibedou et Nadjo Kaina Palmer, ainsi que le secrétaire général de l'Union des syndicats du Tchad, Younous Mahadjir, ont été arrêtés lundi et mardi pour avoir appelé à une manifestation pacifique contre le président Idriss Déby.

Depuis mercredi, une femme, Céline Narmadji, 51 ans, figure des droits de l'homme au Tchad, les a même rejoints dans les locaux la direction de la police judiciaire à Ndjamena.

En garde à vue avec ses camarades, elle devrait, comme eux, être déférée jeudi au parquet, où le procureur de la République leur indiquera les faits reprochés. Selon une source judiciaire ayant requis l'anonymat, Céline Narmadji est accusée de tentative d'atteinte à l'ordre public, d'incitation à un attroupement non armé et de résistance à l'exercice de l'autorité de l'Etat.