Afrique du Sud: un groupe de vétérans de l'ANC réclame la démission de Zuma

Le président sud-africain Jacob Zuma, lors d'un discours sur les droits de l'homme, à Durban, le 21 mars 2016.
© REUTERS/Rogan Ward

En Afrique du Sud, la pression s'accentue sur le président Jacob Zuma. Cette semaine, c'est un groupe de vétérans de la branche armée de l'ANC, Umkhonto we Sizwe, qui a appelé le président Zuma à démissionner. Les appels à sa démission se multiplient depuis la semaine dernière, quand a éclaté un scandale autour de l'influence d'une riche famille sur le chef de l'Etat. Les Guptas sont accusés d'ingérence dans les affaires du gouvernement et notamment dans le choix des ministres.

Plus d'une vingtaine de hauts commandants de la branche armée du Congrès national africain (ANC) sont sortis de leur silence. Dans une lettre adressée au secrétaire général du parti, ils réaffirment leur soutien à l'ANC, mais dénoncent les scandales à répétition, le déclin des valeurs du parti, les luttes de factions. Parmi eux, l'ancien chef d'état-major de l'armée, le général Siphiwe Nyanda.

« Cela fait un moment qu'il y a une certaine inquiétude au sein de l'ANC, notamment concernant l'influence des Guptas sur les affaires de l'Etat. Mais également une inquiétude sur de nombreux autres sujets comme l'Etat dans lequel se trouve notre organisation, son leadership, la détérioration de ses décisions politiques. Tout ça, nous en parlons entre nous, mais nous avons toujours fait attention à ne pas publiquement prendre parti. »

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Les signataires demandent un congrès national et suggèrent surtout l'ouverture de négociations avec le chef de l'Etat pour qu'il se retire. Certes ces signataires ne représentent qu'une poignée de vétéran.

Mais des vétérans de poids, les membres de la branche armée de l'ANC ont toujours été perçus comme un soutien indéfectible au président Zuma. En tout cas, cette prise de position publique montre que les vétérans, tout comme l'ANC, la ligue des jeunes et la ligue des femmes sont profondément divisés entre les « pro » et « anti » Zuma.