Aung San Suu Kyi s'arroge les portefeuilles-clés du nouveau gouvernement

La dirigeante de la La Ligue nationale pour la démocratie (LND), Aung San Suu Kyi, au Parlement de Naypyidaw le 15 mars 2016.
© REUTERS/Soe Zeya Tun

Aung San Suu Kyi, célèbre opposante birmane dont le parti a remporté les élections législatives en fin d’année dernière, a laissé la présidence à un proche, car la Constitution l’empêchait de briguer cette fonction. Mais la lauréate 1991 du prix Nobel de la paix sera ministre dans le nouveau gouvernement, qui doit prendre ses fonctions en fin de semaine prochaine. Son parti a indiqué qu’elle prendrait en charge pas moins de quatre ministères sur 21 au total.

De notre correspondant à Rangoon,  Rémy Favre

En Birmanie, Aung San Suu Kyi s’est arrogé les portefeuilles-clés du nouveau gouvernement. A commencer par les Affaires étrangères, un ministère qui lui permettra de siéger, aux côtés de six militaires, au Conseil national de défense, une institution où sont notamment décidées les amnisties de prisonniers politiques.

L'ancienne opposante récupère également le portefeuille de l’Education. L’an dernier, la réforme du système éducatif avait entraîné de grandes manifestations, réprimées par la police. Quelque 56 étudiants sont actuellement en prison, et des procès sont encore en cours. Aung San Suu Kyi devra résoudre ce conflit, et redresser le niveau des écoles et des universités birmanes.

Quatre fois ministre dans un gouvernement sans expérience

Mais la lauréate 1991 du prix Noibel de la paix dirigera aussi le ministère de l’Énergie, alors que 70 % de la population birmane n’a pas accès à l’électricité. Et ce n'est toujours pas tout, puisque la « dame de Rangoon » deviendra enfin ministre auprès du bureau du président, un président qu’elle a elle-même choisi, Htin Kyaw, un fidèle à qui elle souhaite donner ses directives.

La nouvelle équipe gouvernementale birmane a une expérience très limitée en politique. Un des ministres s’est même inventé un doctorat pour embellir son curriculum vitae. Aung San Suu Kyi, dirigeante du parti Ligue nationale pour la démocratie (LND), a donc choisi de contrôler elle-même une grande partie de l’exécutif.